29/12/2009

Le pirate de l'air n'avait pourtant pas son dentifrice en cabine

Oui, car vous le savez si vous avez pris l'avion ces 3 ou 4 dernières années, il n'est plus possible d'emporter des liquide en flacon ou en tube dans les bagages à main. Ce qui est bien sûr très pratique lorsqu'on fait des voyages de courte durée et qu'on ne souhaite pas enregistrer de bagages. La première chose à faire en arrivant sur place c'est entrer dans le premier supermarché ou la première pharmacie pour se procurer le fameux tube de dentifrice dont on nous a refusé le transport... pour bien sûr l'abandonner dans sa chambre d'hôtel en repartant le lendemain !

Bon je plaisante, ça n'est bien sûr pas si grave que ça. La privation de liberté reste supportable en regard du but recherché. C'est juste que ces mesures me paraissent bien désespérées. Les pirates ont toujours un coup d'avance. Ils parviennent toujours à passer les contrôles et inventent de nouveaux stratagèmes pour cela. La sécurité aéroportuaire est bien un combat perdu d'avance. Dans ce cas, la sécurité aéroportuaire n'a servi à rien. La catastrophe a finalement été évitée grace à la vigilance d'un autre passager. Il semble donc bien que cela restera toujours le dernier rempart contre la barbarie: notre vigilance à tous.

De nouvelles mesures de sécurité sont désormais annoncées. Généralisation des scanners corporels, (pour lesquels les gouvernements n'attendaient qu'un tel évènement pour les imposer) listes de passagers transmises à l'avance. Tout cela va à nouveau donner une impression de sécurité. Jusqu'à la prohaine fois. Car dans le cas de ce jeune Nigérian, ces mesures auraient-elles vraiment permis de l'empêcher de commettre son détournement ? Pas sûr. La liste de passagers n'aurait en tout cas probablement rien révélé. C'était un étudiant exemplaire. Qui vient d'un pays qu'on ne surveille en général pas particulièrement. Evidemment, si tous les pirates de l'air venaient de Gaza ou de Kaboul, qu'ils portaient le turban et la barbe, le travail serait plus facile ! Mais la nébuleuse Al Quaida est infiltrée dans de nombreux pays. Jusque dans nos démocraties occidentales où elle recrute des combattants dans les classes défavorisées.

Le risque bien sûr, c'est qu'on se mette à stigmatiser tous les Musulmans. Qu'on les mette tous sous surveillance, car s'il est impossible de reconnaître les dangers potentiels, ils sont tous suspects ! Mais au final, un tel contrôle est impossible. Il suffit qu'un seul combattant de l'ombre échappe à notre vigilance pour que toutes les mesures de sécurité s'écroulent. La conclusion, c'est que la sécurité du transport aérien ne pourra jamais être pleinement assurée. Et qu'il faut apprendre à vivre avec le risque. Même si notre société déteste le risque.

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