05/12/2009

Copenhague ou l'incompréhension entre le nord et le sud

Là où les riches tels que nous doivent dépenser pas mal d'énergie afin d'éviter que la nourriture qu'ils ingurgitent ne les fasse trop grossir, les pauvres du Sud dépensent toute leur énergie à essayer de ramener assez à manger à la maison pour nourrir leur famille. C'est plus ou moins ainsi qu'on peut résumer les différentens positions à l'approche du sommet visant à "sauver le monde" à Copenhague . En effet, durant un siècle, les pays dévelopés ont créé leur richesse en consommant des carburants fossiles sans vergogne et aujourd'hui qu'ils ont atteint un niveau de richesse suffisant, ils tentent d'empêcher les autres d'accéder au même niveau de richesse en leur imposant des restrictions sur les carburants. Ou c'est en tout cas comme ça que les pays du Sud le ressentent. Car le changement climatique, c'est essentiellement une préocupation de riches. La préocupation des pauvres, c'est de manger à leur faim.


Le monde entier semble s'agiter en tous sens à la veille de ce sommet. Le monde entier ? Non une petite partie de ce monde en réalité. Allez en Afrique, en Asie, dans une grande partie de l'Amérique du Sud. Je suis sûr que vous n'en entendrez pas parler. Ou seulement dans les régions les plus riches et les plus occidentalisées de ces continents. Probablement que la plupart des gens n'y ont même jamais entendu parler de ce sommet. Ni de Kyoto. Ni de Rio. Pour autant qu'ils en aient entendu parler, le réchauffement climatique n'inquiète pas grand monde. Car ils ont des préoccupations qui les occupent maintenant, là où ils sont. Ils ne courent pas un risque dans une centaine d'années. Ils doivent lutter aujourd'hui, au quotidien, pour rester en vie.

343cefe2-dffc-11de-be21-e21db92c3326.jpgIl n'y a pratiquement que dans les pays occidentaux que la foule se mobilise contre le réchauffement d'origne humaine. La raison, il faut peut-être la chercher dans la religion dominante. Le christianisme a toujours cherché à rapprocher les évènements cosmiques, les déchainements de la nature et autres éléments contre lesquels on ne peut pas grand chose, de la chose divine. A tel point que c'est ancré dans notre culture que nos actes ont forcément des répercutions. Et que Dieu nous punit immanquablement par des fléaux lorsque nous n'avons pas été sages. Ainsi, le réchauffement minime de 0,7°C en 100 ans est perçu comme le châtiment que notre société mérite pour ses excès. Et si nous n'arrêtons pas immédiatement ces excès pour revenir à un mode de vie quasi moyen-âgeux mais plus en armonie avec la nature, nous allons payer le prix fort. L'apocalypse pourrait bien se déchainer.

La religion chrétienne a perdu beaucoup de son aura. Mais une autre religion purement occidentale a repris son mode de pensée. C'est la religion de l'écologie. D'abord science, puis politique, l'écologie est devenue religion. Une religion qui a son dieu, (mère nature) sa mythologie, (réchauffement climatique, couche d'ozone), ses saints, (Al Gore, Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand) ses prophètes, (les scientifiques du GIEC) et ses démons, (Exxon, BP, Shell, Areva) Le même shéma dogmatique apparaît dans les discussions avec les croyants de la nouvelle religion. Si vous prétendez que la mythologie de leur religion peut éventuellement être mise en doute, vous êtes immédiatement qualifié de supôt de Exxon. (alias Satan) C'est d'ailleurs amusant de constater qu'aujourd'hui, si vous dites à un chrétien pratiquant que ses croyances ne sont que de la foutaise, il haussera simplement les épaules et se détournera. Si par contre, vous vous en prenez aux croyances des fidèles de la nouvelle religion, cette agression sera immédiatement suivie d'une réaction 100 fois plus violente. Car comme toute nouvelle religion, l'écologie est dominée par les fanatiques. Peut-être encore plus que l'Islam. Le fanatisme des écologistes peut être comparé à celui des membres endoctrinés de certaines sectes. Dès lors, leur vérité révélée ne souffre d'aucune contestation ou même d'aucun questionnement.

Cette religion ne prend pas aussi bien dans les pays du sud. Car ces pays ont leurs propres religions. Pour cette raison, ils s'occupent d'abord de leurs problèmes avant de s'attaquer à ceux des pays riches. Et il sera très difficile de les convaincre. Et on les comprend. Pourquoi les cris de fidèles d'une religion par laquelle ils ne se sentent pas concernés, devraient les pousser à freiner leur développement, alors que leur population a tant besoin qu'on le poursuive ? Et d'ailleurs même si les croyants avaient raison, pourquoi ces pays se sentiraient concernés alors que le problème du réchauffement concerne un futur incertain et qu'ils ont des problèmes immédiats à régler ? Alors à quoi va servir tout cela ? Cela va-t-il réduire l'utilisation de combustibles fossiles dans le futur ? Probablement non. Car ce que les pays riches choisiront de ne pas consommer, d'autres le consommeront à leur place. Au final, la seule chose qui mettra fin à l'utilisation de ces carburants, c'est leur disparition totale. Leur transformation complète en CO2. Tous les cris et les exigences des fidèles écologistes n'y changeront rien.

Cela ne veut évidemment pas dire que nous ne devons rien faire pour l'avenir. Nous devons bien sûr nous préparer à la disparition du pétrole. C'est sans doute l'un des principaux défis de ce siècle. Mais c'est un défi qui peut être planifié sur une cinquantaine d'années au moins. Peut-être bien plus si on réduit progressivement notre dépendance à cette substance. Il ne s'agit en tout cas pas d'une urgence telle qu'on doit mobiliser tous nos fonds dans ce but. Car si on mobilise trop d'argent, il en restera d'autant moins pour d'autres causes autrement plus urgentes. La surpopulation galopante, la pauvreté, la faim, la gestion de l'eau potable. Voilà des causes qui méritaient qu'on se mobilise pour elles. Des causes qui ne font pas appel à un hypotétique futur, mais qui sont présentes, là, juste devant nos yeux. Et avec les centaines de milliards de dollars qui sont versées à des multinationales dans le but de développer les technologies nécessaires pour réduire les émissions de CO2, on aurait bien de quoi attaquer tous ces problèmes de front.

Seulement voilà. La finalité de tout cela, c'est bien la subvention d'industries qui sont condamnées à se réformer pour survivre. Et les gouvernements du nord n'en ont rien à faire de la pauvreté dans le monde. Tout ce qu'ils veulent, c'est que les entreprises qui financent leurs partis survivent à long terme. Et empochent de copieux bénéfices pour le bien de leurs actionnaires. Paradoxal d'ailleurs de constater que les principaux bénéficiaires de la nouvelle religion sont justement ceux qu'elle qualifie de diaboliques. L'écologie fût une science, elle est devenue politique, puis religion. Et comme pour toute religion, le business est le nerf de la guerre...

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