16/11/2009

Le Conseil d'Etat qu'on attendait

Oui, cette élection d'hier ne nous aura apporté aucune surprise. Comme on pouvait s'y attendre, le MCG n'a pas fait son entrée au Conseil d'Etat. Comme on pouvait s'y attendre, la droite reprend la majorité au détriment des Socialistes en déroute. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Véronique Pürro qui en fait les frais. Et comme on pouvait s'y attendre, les cinq sortants passent la rampe sans trop de difficultés. Finalement, un scrutin majoritaire, où les coalitions préfèrent ne pas présenter trop de candidats de peur de faire de l'ombre à leurs sortants, c'est vraiment peu enthousiasmant. On aimerait un peu plus de confrontation. On aimerait des coalitions gouvernementales qui présentent chacune 5 ou 6 candidats, pour avoir vraiment le choix. Bref, on aimerait pouvoir faire mieux que réélir les sortants faute de mieux. Certes, on a eu un taux de participation record, mais tout de même, 46% ça n'est pas très glorieux. Et ce genre d'élections où on n'a finalement le choix qu'entre 8 candidats sérieux pour 7 places ne va pas aider à plus intéresser la population !


Une extrême-gauche qui n'a aucun complexe à faire perdre la majorité à la gauche modérée

Je l'avais dit dans un précédent billet, nous avons l'extrême-gauche la plus bête du monde ! Et ça n'est pas que moi qui le dit, mais Josef Zisyadis le pense aussi ! (voir son blog) En présentant non pas 1, mais 3 candidats qui n'avaient pas plus de chance d'être élus l'un que l'autre, la gauche de la gauche n'a réussi qu'à disperser les voies de la gauche. Car qui peut dire ce qui se serait produit si les électeurs de gauche s'étaient réunis derrière les candidats socialistes et verts ? Qui sait si Véronique Pürro aurait alors pu sauver le second siège socialiste ? La gauche de la gauche a l'entière responsabilité de sa non présence au Grand Conseil et se permet ensuite d'avoir une part des responsabilités dans la perte de la majorité de gauche au Conseil d'Etat.

Véronique Pürro ou le refus par le peuple du dogmatisme de gauche

Second responsable de la déconfiture du parti socialiste: le parti socialiste lui-même ! Je ne suis pas un grand fan de Manuel Tornare, mais s'il y a une chose qu'on doit lui reconnaître, c'est sa popularité à Genève. Sa brillante élection au Grand Conseil, en seconde place juste derrière Charles Beer et devant Véronique Pürro, est là pour la prouver. Et non seulement il est populaire, mais il était prêt à mouiller sa chemise. Il s'est proposé pour l'élection au Conseil d'Etat. Mais le parti voulait un ticket homme-femme, comme le veux le sacro-saint dogme de l'égalitarisme. C'est donc Véronique Pürro qui lui a été préférée, enième avatar de la "discrimination positive" pratiquée par le parti. Mais voilà: le peuple n'a que faire des dogmes de gauche. Et puisque Véronique Pürro n'était pas la candidate que le peuple genevois voulait, elle a été logiquement écartée. Et si j'étais socialiste, j'en voudrais beaucoup à ceux qui ont fait ce choix, car il est presque certain que le ticket socialiste aurait passé avec Manuel Tornare au côté de Charles Beer ! (mais au détriment de Michèle Künzler toutefois...)

La droite profite de la perte de voix de la gauche... mais finalement pas assez !

La droite, en faisant élire ses quatre candidats, reprend donc la majorité à la gauche. Mais dans un scrutin majoritaire, une majorité d'un siège, c'est bien peu. Au vu des résultats, on peut légitimement penser que la droite aurait pu faire élire au moins un candidat de plus ! En effet seul le siège de David Hiller lui était totalement hors d'atteinte. Dans une moindre mesure, celui de Charles Beer était plus ou moins assuré à la gauche. Par contre, le siège de Michèle Künzler était tout à fait à portée. Alors pourquoi ne pas avoir présenté 5 candidats au lieu de 4 ? De peur de devoir pleinement assumer la majorité ? De peur de perdre l'avantage d'un gouvernement de coalition qui n'est finalement qu'un alibi ? Pas sûr que ces arguments soient suffisants pour justifier cette absence de prise de risque...

La démagogie de Stauffer ne convainc pas suffisamment

Là où le MCG avait pu donner le change pour l'élection du Grand Conseil, il fait un flop à l'élection du Conseil d'Etat. Le problème bien sûr, c'est que les scrutins majoritaires isolent les petites formations qui peinent à former des alliances. Et finalement, à ce type d'élections, seules les grandes coalitions parviennent à faire mieux que de la figuration. Donc ce qui a fait perdre le MCG, ça n'est pas la baisse de sa popularité, mais l'isolement intrinsèque à ses positions politiques. Il s'agissait donc d'un échec annoncé. Au mieux le parti pouvait espérer pousser un ou deux autres candidats à disputer un second tour. Mais au bout du compte, le résultat aurait été le même. Alors tant mieux, avec cette élection directe au premier tour, notre canton s'est épargné une coûteuse journée d'élections supplémentaire !

Ce qui par contre est assez intéressant, c'est que Poggia est arrivé nettement devant Stauffer. Lui qui représente une nouvelle tendance au sein du parti semble déjà supplanter le créateur de ce mouvement. Et le fait est que les thèmes qu'il aborde sont beaucoup moins démagogiques. Il est depuis des années aux trousses des caisses maladie qu'il accuse de faire payer beaucoup trop cher leurs prîmes. Et on aurait de la peine à le contredire. Quant à sa position vis-à-vis des frontaliers, elle est plus que douteuse. Il ne doit bien sûr pas être en désaccord avec son chef de parti sur la question, sans quoi il n'aurait pas fait ce transfert au MCG, mais il l'a laissé durant toute la campagne s'époumonner sur le sujet en se gardant bien de prendre ouvertement position. Est-ce le signe d'un prochain changement au sein de ce parti ? Les quatre prochaines années nous en apprendront plus sur le sujet.

Commentaires

Concernant le MCG et Mauro Poggia, vous avez compris ce que tout le canton pense mais ne veut pas y croire. Perso je pense qu'il ne faut pas être visionaire pour comprendre que Poggia se représentera seul dans 4 ans à la tête du MCG.

Écrit par : Peter | 16/11/2009

Il ne faut pas être une voyante réputée pour imaginer Poggia se représenter seul dans 4 ans à la tête du MCG. Les voix d'écart avec le conducator en ont fait le chef de meute! La guerre dans le clan va commencer ...

En ce qui concerne le PS, si Tornare était en lice avec Beer, il ne fait pas de doute qu'il l'aurait battu. D'où le ticket CB-VP ...

Écrit par : Judith | 16/11/2009

Bonne lecture à vous :

http://minet.blog.tdg.ch/

Écrit par : Minet | 17/11/2009

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