21/10/2009

Vivons-nous les prémices d'un cataclysme annoncé ?

On dit que l'histoire se répète, toujours, inlassablement. J'essaye de me mettre dans la peau d'un hypothétique blogueur des années 30. Aurait-il été capable de voir venir la terrifiante conflagration qu'il avait devant lui ? Pas sûr. Mais il aurait pu en tout cas. Des signes qui ne trompent pas étaient déjà visibles. Mais presque personne n'y a prêté attention. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'aujourd'hui aussi, on néglige les signes avant-courreurs d'une catastrophe d'envergure planétaire.


Rappelons-nous. L'Allemagne défaite en 1918 avait subi la loi des vainqueurs. On dit que ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l'histoire. Et le traité de Versailles n'avait pas rompu avec cette tradition. L'Allemagne avait reçu l'entière responsabilité de la guerre et le vaincu avait dû subir toutes les humiliations. Hitler avait ainsi pu se servir des frustrations provoquées par cette humiliation pour asseoir sa politique. Et son désir de conquête avait clairement été énoncé dès ses tout premiers pas en politique, dans son livre Mein Kampf. Et pourtant, personne ne l'a pris au sérieux. En Angleterre et en France, on le considérait comme un agitateur sans avenir.

Mais la crise de 1929 est passée par là. C'est désormais bien connu, de la crise nait le populisme. Et en 1933, les nazis accèdent au pouvoir, démocratiquement. Quelle a alors été la réaction des alliés franco-anglais ? Il n'y en a eu aucune. Sûrs de leur puissance, ils se sont contentés de se regrouper derrière leur ligne Maginot et ont observé l'Allemagne en silence.

Colonne de ravitaillement dans les Vosges.jpgOnt-ils réagi lorsque Hitler a remis en marche le complexe militaro-industriel de l'Allemagne ? Ont-ils réagi lorsque Hitler a réarmé la Rhénanie ? Ont-ils réagi lors de l'Anschluss, lorsque l'Autriche a accueilli à bras ouverts le frère allemand ? Ont-ils réagi finalement lorsque Hitler a signé le pacte germano-soviétique avec Staline ? La réponse à toutes ces questions est non. Ils n'ont réagi que le jour où l'Allemagne est entré en force en Pologne. C'est à dire déjà bien trop tard. S'ils avaient daigné prêter attention aux signes avant-coureurs, le pire conflit de tous les temps aurait pourtant pu être évité.

Alors qu'est-ce qui explique une pareille passivité ? C'est évident que se lancer dans une guerre préventive alors que le Monde est en paix n'est pas le genre de décision qu'un politicien peut prendre à la légère. Envoyer ses propres troupes se faire tuer et mettre en danger sa propre population sans agression préalable de l'ennemi serait un suicide politique dans une démocratie. Alors on préfère lancer des avertissements, on tente de négocier, de gagner du temps. Mais finalement le temps joue en faveur de l'ennemi. Et il utilise la faiblesse de son adversaire pour s'armer et se préparer au jour, qu'il sait inéluctable, où l'attaque aura lieu. Il s'arme en silence, petit à petit. Il bâtit ses stratégies, sachant qu'il bénéficiera de l'avantage de la surprise.

Car il peut paraître paradoxal de constater qu'on se fasse prendre par surprise, alors que tout pouvait être prévu depuis des années. On dit que si on jette une grenouille dans l'eau bouillante, elle sautera immédiatement et sauvera sa vie. Alors que si on la met dans l'eau froide et qu'on fait bouillir lentement l'eau, elle restera impassible jusqu'à la mort. C'est bien ce qui est arrivé aux alliés franco-anglais. Ils se sont laissés endormir par Hitler qui a eu tout loisir de bâtir patiemment sa politique expansionniste.

poland-missiles.jpgEt aujourd'hui ? Y a-t-il des prémices visibles d'un autre conflit, d'envergure équivalente ? Je pense que oui. Je pense en particulier à la Corée du Nord et à l'Iran qui font figure d'épouvantails mais qu'on néglige pourtant. Voici des années que ces deux pays bâtissent un programme nucléaire secret. Comme Hitler en son temps, ils soufflent le chaud et le froid. Ils négocient, mais continuent leurs développements en secret. Régulièrement, ils font une avancée qui passe en Occident pour une nouvelle provocation. Et comme les Alliés à l'époque, les Occidentaux ne prennent pas vraiment ces pays au sérieux. Sûrs de leur puissance, ils se contentent de se regrouper derrière leur bouclier anti-missiles, équivalent moderne de la ligne Maginot. Et encore, ils se heurtent à l'opposition de la Russie pour assurer la protection de l'Europe. Une Russie qui est pourtant  en première ligne et aurait de ce fait tout intérêt à participer activement à une réponse adéquate aux menaces de ces deux états.

corée du nord.jpgComme à l'époque, on tente de négocier. On laisse l'adversaire gagner du temps et on le laisse venir à bout de son programme d'armement. Cette absence de réelle réaction n'est-elle pas inquiétante ? L'histoire n'est-elle pas en train de se répéter une fois de plus ? Si c'était le cas en tout cas, on pourrait craindre que cette fois-ci ça soit bien pire encore. Pour la première fois, des puissances nucléaires se retrouveraient face à face. Et ceux qui pensent que ces conflits resteraient localisés ne doivent pas oublier que derrière la Corée du Nord, il y a la Chine...

Commentaires

Votre article est excellent. Mais hélas il n'y a pas que la Corée du Nord et l'Iran.
Il y a aussi :
1) Les menaces informatiques qui peuvent arriver à paralyser un pays
2) La presse qui ne nous parle que de ce qui va mal et sème la crainte et la xénophobie, germe de la haine et des pires violences
3) Les intégristes musulmans qui, proches d'Islamabad risquent de prendre le pouvoir au Pakistan, pays nucléaire
4) Le système financier qui, biezn que soit-disant mieux régulé, continue à faire n'importe quoi
5) La misère dans le monde qui risque de retomber sur le nez de tous les nantis
6) La spoliation incessante des richesses de la planète jusqu'au jour où il n'y en aura plus
7) La folie des biocarburants qui, pour être fabriqués génèrent des tonnes de CO2 et qui soustraient à l'alimentation des tonnes d'aliments
8) Le réchauffement de la planète contre lequel il n'y a que des bonnes paroles
ETC ...
Alors, les deux fous à la tête de la Corée du nord et de l'Iran me paraîssent bien ridicules face aux autres menaces planétaires

Écrit par : Lambert | 21/10/2009

Votre article est excellent mais je me dois de vous contredire sur un point : En 1933, Hitler n'a PAS gagné les élections, il faut tordre le cou à cette idée !
En effet, au 5 mars de cette funeste année, le NSDAP ne recueille que 44% des suffrages et pourtant au 6, ce parti devenait majoritaire... Le tour de passe-passe fut le suivant : TOUS les chefs d'opposition, de la droite à la gauche ont abandonné le combat et ont failli... laissant à la bête immonde le champ libre... C'est la peur qui mena Hitler au pouvoir !
Comme quoi, il faut rester attentifs comme vous le dites si bien et ne JAMAIS baisser les bras !

Écrit par : Läng | 22/10/2009

Läng, c'est vrai que j'ai un peu simplifié, mais ce que je voulais dire, c'est que Hitler a respecté la loi et a utilisé la démocratie pour prendre le pouvoir. Il n'a pas eu à faire de coup d'état. Merci pour cette précision.

Écrit par : Kad | 22/10/2009

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