02/09/2009

Donc revotons...

Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)


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Personnellement, je suis ancien fumeur. Je comprends donc aussi bien les fumeurs que les non-fumeurs. Avant je pensais aussi que les non-fumeurs qui ne respectaient pas ma liberté de fumer où j'en avais envie n'étaient que des enquiquineurs. Depuis que j'ai arrêté de fumer, je me suis aperçu à quel point il est désagréable de supporter la fumée des autres. J'ai donc fait amende honorable. Les fumeurs sont outrés qu'on cherche à les priver de la liberté d'enfumer les lieux publiques. Les non-fumeurs ont par contre l'habitude. Leur liberté de respirer un air sain où qu'ils aillent est bafoué depuis toujours. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. C'est ainsi pour toute chose. La loi est là pour fixer quelle liberté prime sur l'autre. C'est une sorte d'arbitrage. Exemple : la liberté du piéton de rester en vie prime sur celle de l'automobiliste de foncer à 200 en ville sans jamais s'arrêter ! On ne doit parler de loi liberticide que lorsqu'elle est inutile, que deux libertés ne sont pas concurrentes et n'entrent pas en conflit, que la loi est disproportionnée, ou encore que la privation de liberté des uns ne renforce pas celle des autres. Par exemple, interdire le coca parce que ça fait grossir serait clairement liberticide, car le fait de grossir ne prive les autres d'aucune liberté ! Pour ce qui est de la fumée, interdire totalement sa consommation serait liberticide puisqu'à un certain point, lorsque la fumée ne nuit plus qu'à son consommateur, il devient inutile de légiférer, à moins de vouloir lui faire du bien contre son gré !

Dans le cas de la loi sur la fumée passive, ceux qui nient que la fumée est une nuisance pour autrui se voilent la face. Et toute nuisance, quelle que soit son niveau de nocivité, mérite qu'on se penche dessus. Je pense qu'une loi qui demande que les lieux de convivialité restent accessibles à tous, sans que certains soient obligés de fuir à cause de l'atmosphère irrespirable n'a rien de disproportionnée. Toutefois, je suis plutôt favorable à l'adjonction de l'autorisation des fumoirs qui a été faite par le Grand Conseil, car je ne vois pas pourquoi les fumeurs devraient aller fumer dehors alors qu'il serait possible de les laisser fumer à l'intérieur. Cette adjonction est malheureusement illégale car contraire à l'esprit de l'initiative. J'ose espérer toutefois que les initiants ne recourront pas et qu'on pourra oublier ce sujet bientôt.

J'espère en tout cas que la population ne sera pas trop démotivée. Il faut se déplacer pour voter encore une fois. Pour que la loi reçoive une fois de plus un soutien populaire massif et qu'elle entre en force avec une totale légitimité. Et surtout, il ne faut pas s'y opposer à cause des fumoirs. Il serait regrêtable que la loi soit refusée parce qu'aux défenseurs des égoïsmes individuels viennent s'ajouter les défenseurs d'une ligne pure et dure. Si la loi d'application venait à être refusée, nous perdrions à nouveau une année. Le Grand Conseil devrait remettre l'ouvrage sur le métier. Et il serait bien ennuyé pour savoir dans quel sens aller. Dans le sens des initiants ou celui des référendaires ?

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Fumer dehors, ça a aussi ses avantages non ?

Commentaires

La photo qui illustre votre billet et la légende qui l'accompagne sont d'excellentes raisons de voter NON à ces interdictions imbéciles et d'autoriser ainsi des établissements non-fumeurs et fumeurs.
C'est ainsi que vous voyez ou avez envie de voir les fumeuses ?
Qui a envie de voir sa femme, sa petite amie ou sa fille dans cette posture ?

Écrit par : Blondesen | 03/09/2009

Mais je pensais aux rencontres qu'on peut faire. Quand je vais manger en France je constate que les gens qui sortent fumer discutent ensemble, font connaissance. C'est un bon plan drague finalement. Presque dommage d'être non-fumeur...

Écrit par : Kad | 03/09/2009

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