14/07/2009

Des centrales solaires dans le Sahara

En lisant la TDG ce matin, cet article m'a particulièrement intéressé. Voilà enfin un projet concret qui propulsera l'approvisionnement énergétique de l'Europe dans le 21ème siècle. Le solaire, c'est l'avenir. Car quelle autre source d'énergie totalement renouvelable est aussi abondante que celle que nous prodigue l'astre du jour ? Seulement pour la capter, il faut prévoir de larges surfaces. Et il serait bien sûr dommage de sacrifier des surfaces forestières ou agricoles en les couvrant de miroirs. Et une implantation doit de plus bénéficier d'un ensoleillement adéquat. Dans ces conditions, la solution consistant à couvrir le désert de panneaux solaires semble s'imposer tout naturellement !

solar2.jpgSeulement voilà. Les déserts proches de l'Europe se trouvent tous dans des pays instables et confier notre approvisionnement énergétique à de tels pays semble assez incertain. Il faudra donc s'assurer de la collaboration à long terme de ces pays. Quitte à laisser tomber certains d'entre eux. Par exemple, je suis effaré de voir qu'on envisage des implantations en Libye ! Un pays dirigé par un fou furieux lunatique capable de décider du jour au lendemain de faire passer un pays de la liste de ses partenaires à celle de ses ennemis. Les Européens feraient bien de regarder la façon dont il traite aujourd'hui la Suisse avant d'en faire un partenaire commercial privilégié...

Autre problème, le transport de l'énergie. Car l'énergie électrique se transporte assez mal. Selon la loi d'Ohm, les pertes sont proportionnelles à la distance. Si ces pertes sont assez négligeables sur des distances de quelques centaines de kilomètres (si on utilise des lignes à haute tension en tout cas) elles deviennent bien plus importantes lorsqu'on passe à des distances de plusieurs milliers de kilomètres. Il faudra donc utiliser de nouvelles technologies. Il s'agira soit d'augmenter la tension électrique des lignes, (ce qui a pour effet d'abaisser le courant électrique et donc les pertes) soit prévoir des méthodes de transport encore plus inédites, par exemple avec  des câbles supraconducteurs. Dans ce dernier cas, il est évident que le coût de revient serait gigantesque. D'autant que les lignes devraient alors être entièrement enterrées. Dans le premier cas par contre, les lignes pourraient toujours être aériennes, mais les pilônes devraient être beaucoup plus grands que ceux utilisés pour le 400'000 Volts. Donc la aussi, le transport aurait un coût non-négligeable.

Et finalement, le solaire pose un grand problème qui l'empêche d'en faire la source de production exclusive pour l'électricité. L'énergie n'est produite que de jour. Et même si la consommation nocturne est plus faible, elle n'est pas inexistante. D'autant qu'il est possible que nous changions notre manière de consommer dans les décennies à venir. Si par exemple la voiture électrique se généralise, il est évident que la recharge des batteries se fera principalement de nuit pour bénéficier des tarifs plus avantageux. Dans ce cas, la part de la consommation nocturne pourrait augmenter rapidement. Et comme l'énergie se stocke très mal, il faudra produire plus d'énergie la nuit. Pour l'instant cela ne pose aucun problème car la production nocturne est largement excédentaire. Mais si nous nous mettions à consommer plus de nuit à l'avenir, il faudrait en tenir compte. Ainsi, l'énergie solaire ne pourra jamais devenir la source exclusive d'énergie électrique. Par contre, associée à d'autres sources, elle doit absolument faire partie de notre avenir énergétique.

Commentaires

Bonjour,

Pour la technologie je pense en effet que l'on trouvera des solutions - nouveaux matériaux par exemple. Mais en effet, la stabilité du pays producteur devra être garantie si l'on ne veut pas voir se profiler de nouvelles guerres à l'horizon.

Écrit par : hommelibre | 14/07/2009

Si les pays producteurs peuvent poser certains problèmes politiques comme la libye,vu que ce sont dans ces pays que les déserts existent et que l'ensoleillement et le plus abondant.Alors il vaut mieux développer la technologie de l'énergie solaire dans l'espace là ou le soleil est présent 24h sur 24.Et là,les occidentaux sont à la pointe en matière de technologies spatiales.

Et l'énergie sera diffuser par ondes électromagnétiques que des antennes sur Terre capterons.

D.J

Écrit par : D.J | 14/07/2009

Je suis d'accord avec vous DJ. Mais ce genre de technologies prendra beaucoup plus de temps à développer. Probablement des décennies. Dans un premier temps, le solaire devra être utilisé sur Terre. Mais je pense aussi qu'à terme, des centrales solaires en orbites devraient être des solutions techniques bien plus intéressantes. Surtout à cause de la durée de l'ensoleillement et de l'absence d'atmosphère comme vous le faites remarquer. Seulement, il y a un hic.

Comme vous le dites, la transmission de l'énergie doit effectivement être faite par des ondes électromagnétiques, mais à des fréquences auxquelles l'atmosphère est presque parfaitement perméable. C'est à dire probablement dans la gamme des ondes gigahertziennes, en gros les mêmes que celles des satellites et des téléphones portables. Mais on connait l'effet de ces ondes, particulièrement à de pareilles puissances, elles sont proches des micro-ondes et font entrer les molécules d'eau en résonance. Autrement dit, cela produirait un fort échauffement localisé autour du rayon ! Pour cette raison, le capteur au sol devrait se trouver dans une région inhabitée et si possible aride, pour minimiser l'échauffement de la vapeur d'eau. Donc, également dans le désert ! On y revient donc à chaque fois...

Écrit par : Kad | 14/07/2009

"Pour cette raison, le capteur au sol devrait se trouver dans une région inhabitée et si possible aride, pour minimiser l'échauffement de la vapeur d'eau. Donc, également dans le désert ! On y revient donc à chaque fois..."

Des déserts en Europe il y en a. A partir de 3000 mètre d'altitude dans les Alpes le sol devient désertique il n'y a que des caillous.On peut très bien y planter des antennes. On me rétorquera que celà va défigurer le paysage.Mais il faudra un jour savoir ce que l'on veut.

Et avec toute les paraboles satellite qui fleurissent sur les bâtiments....1 de plus ou 1 de moins.

D-J

Écrit par : D.J | 14/07/2009

Disons aussi qu'en haute montagne, l'accès est plus difficile pour la maintenance. Et surtout, je craindrais beaucoup pour les glaciers qui risquent de supporter assez mal une élévation de la température qui pourrait atteindre plusieurs degrés autour de l'antenne.

Et finalement, avant de se lancer dans une telle aventure, il faudra commencer par bien étudier les effets que cette technologie peut avoir sur le climat, au moins régional. Dans le désert, je pense qu'on prend moins de risque...

Sinon, une autre solution spatiale, moins complexe et donc moins coûteuse, consisterait à mettre en orbite géostationnaire de grands miroirs qui concentreraient les rayons solaires vers une centrale solaire au sol. Cela aurait pour double effet d'augmenter énormément la puissance de cette centrale et en plus d'autoriser une utilisation nocturne. Seulement là encore, l'effet sur le climat est assez incertain. A voir donc...

Écrit par : Kad | 14/07/2009

Une petite remarque sur les batteries de voitures : dans l'hypothèque que vous faites, on choisirait une seule source d'énergie : l'énergie solaire. Dans ce cas, l'électricité moins chère la nuit ne serait tout simplement plus d'actualité. Elle serait même plus chère, non ?
Toujours est-il qu'on se dirige vers un mix énergétique qui couple différentes énergies primaires. Le problème ne sera donc pas aussi binaire que jour et nuit, heureusement.

Écrit par : Cédric | 19/07/2009

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