26/06/2009

Bienvenue au pays de la Genferei !

Bâle a ses Basler Läckerli. Zurich a son fameux Zürcher Geschnetzeltes. St-Gall a son Schublig. Berne ses Berner Rösti. Et Genève ? Nous avons aussi une grande spécialité : la Genferei !

Mais la Genferei, ou Genevoiserie pour les non-germanophones, qu'est-ce que c'est ? Est-ce une friandise ? Un plat de charcuterie ? Mais non. Cet étrange plat, qu'on ne sert dans aucun restaurant de la place, est en réalité une spécialité politique ! La Genferei, ça n'est rien d'autre que cette aptitude hors du commun qu'ont les Genevois à bloquer n'importe quel projet en utilisant tous les moyens de recours que la loi met à la disposition de la minorité ! Et cette aptitude, Genève la cultive grâce à ses avocats formés dans une Falculté de Droit que la Suisse entière lui envie. Que d'avocats prestigieux compte notre cité ! Il y en a de tous bords politiques. Depuis l'extrème-gauche jusqu'à la droite la plus conservatrice. Et pour cette raison, aucun projet ne peut leur échapper !

Et bien sûr, ils sont si nombreux qu'ils finissent par avoir des difficultés à trouver de quoi se mettre sous la dent. C'est pourquoi, ils sont prêts à défendre tous les égoïsmes, sans distinction d'aucune sorte. Qu'importe que les oppositions qu'ils déposent retardent des projets d'utilité publique souhaités par l'écrasante majorité. L'important est de cultiver la Genferei. Et d'en manger jusqu'à l'écoeurement le plus complet.

Il y a bien sûr une autre facette à la Genferei. Le gouvernement, soucieux de fournir sans cesse de la matière pour les avocats afin d'éviter que la source de Genferei ne se tarisse, s'évertue à créer ou accepter des projets mal ficelés et facilement attaquables par les recourants potentiels ! Combien de fois le peuple a-t-il été appelé aux urnes pour voir ensuite sa décision cassée par un tribunal ? Derniers cas en date : les chiens et les cigarettes...

Sans parler des exécutifs communaux qui pratiquent eux aussi la Genferei. Rappelons-nous de la rénovation de la gare Cornavin. Certes le Conseil Administratif de la Ville a levé le recours, mais elle l'avait bel et bien déposé, car il aurait été injuste que nos invités confédéraux des CFF n'y aient pas droit... Et l'Exécutif verniolan n'est pas en reste. Après avoir bloqué durant de nombreuses années l'implantation d'Ikea sur son territoire, voilà qu'il s'apprête à empêcher les SIG de construire leur centrale à gaz !

En général, bien sûr la Genferei n'empêche pas les projets de se réaliser. Elle leur permet seulement de prendre un précieux retard, précieux signifiant ici coûteux. Car oui, à Genève on aime réaliser les projets pour plus cher que nécessaire. Dans une ville connue mondialement pour ses coffres-forts, il serait dommage que les choses coûtent le même prix qu'ailleurs. Donc on recourt systématiquement contre tout projet, exigeant des modifications hallucinantes et en général sans fondement.

Oui les projets finissent toujours par se réaliser. Ils suffit juste d'attendre quelques dizaines d'années pour les voir aboutir. Voir plus de cent ans dans de rares cas. Mais quand on croit en avoir fini avec la Genferei, la voilà qui revient à la charge. Dernières frondes contre des projets d'actualités ? L'extension de l'OMC, la plage de la rive gauche du lac, l'interdiction de fumer dans les lieux publiques, le PAV, le CEVA, la traversée de Vesenaz et j'en oublie sans doute. Aucun projet n'y échappe. Genève tient à sa réputation, sans laquelle les Suisses-Allemands ne pourraient pas nous regarder avec un regard attendri et compatissant ! Ach... diese Genfern !

Commentaires

Un super projet pour Genève ! Attention vlà l’Mugny !

Chacun connaît la terrifiante légende du Mugny, cet esprit sadique et maléfique interdit toute évolution positive. Il ne peut que se nourrir de la destruction de l’entreprise des autres, de tous les autres, sans ne jamais rien entreprendre lui-même hormis la destruction.

Le monstre de Genève, plus redoutable que celui du Loch Ness, s’incarne sous toutes formes imaginables.

La fête de la musique s’annonce joyeuse, le voilà qui s’annonce en tempête de grêle.

Une commune célèbre les promotions des écoles primaires, le Mugny crie au scandale parce qu’il y a une fanfare, des tambours, des fifres, des drapeaux et un cortège, comme dans certains rassemblements politiques des siècles passés ! Les enfants n’auront pas de fête, ce sera bien plus guai, d’une rive à l’autre, plus convivial, plus laïque, plus avenir…

Depuis trois mois tout va bien dans le quartier, alors l’Mugny transforme tous les voies de circulation en voies à sens unique alterné toutes les deux heures… et lance une campagne d’intoxication politique, sous les traits d’un archange écologique…

L’été fleurit, la gentiane défie les rocs des alpages, les glaciers perlent dans les lacs d’acier des sommets patriotiques, les alpages respirent au rythme séculaire de l’Helvétie, une lenteur provisoire, le souffle de l’été, alors l’Mugny salit les banques, les hommes d’affaires, les commerçants, tous des pourris, tous des salauds, rien à sauver, la planète va mal parce que nos vaches pètent trop gras… Il a pris les traits du bon missionnaire des bidonvilles l’Mugny !

Et l’Mugny y provoque, pique, électrise, écartèle, coupe, tranche, arrache, compresse, hache, décapite, jette, ingurgite et vomit.

L’Mugny c’est l’anti-matière CERN née.

Par bonheur, ce mythe là, il suffit de le connaître pour le vaincre. Quand vous croisez cette légende, quel que soit son déguisement du jour, quel que soit l’effroi qu’il vous occasionne, demandez-lui « Et toi qu’as-tu réalisé avec tes moyens pour les autres, qu’as-tu donné de ta personne, de tes biens, pour les autres ? ». L’Mugny qui n’a jamais rien fait sinon que de prendre aux autres implosera sous le poids de la crainte d’être étripé. Le cauchemar passé, Genève pourra enfin réaliser son super projet.

La célèbre légende a immugnisé Genève contre toute tentation de précipitation.

Écrit par : Alfred | 27/06/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Kad,

tout d'abord ce n'est pas l'Exécutif verniolan qui veut interdire l'installation de la central à gaz au Lignon, mais le Législatif.

Une genferei de bloquer un tel projet ? ou une genferei de vouloir déposer à 300 mètres des habitations de nos communiers une usine à gaz et pas seulement ?

Parce que, sous l'emballage cadeau des SIG une centrale c'est aussi :

sur une base de 385 millions de mètres cube de gaz / an cela équivaut à :

un filtre à émissions de dioxydes d'azote, nécessitera 380 tonnes d'amoniac / an, dont 58 tonnes finiront malgré tout dans l'atmosphère.

59 tonnes d'acide chlorhydrique,

72 tonnes d'hypochlorite de sodium,

60 tonnes d'acide sulfurique

A 300 mètres d'une zone à forte densité de population comme le Lignon, à 100 mètres des Libellules ? Entourée de jardins familiaux, de villas, d'écoles ?

Une genferei ? ou une décision politique claire et nette de nos élus témoignant d'un réel souci pour la sécurité de nos communiers ?

En tant que président du Conseil municipal, je salue la position de mes collègues sans la moindre ambiguité.

Bien à vous Kad,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 27/06/2009

Mon cher Kad,
Vous oubliez la Genfer Longeole et le Genfffer Pont de la Paix, tiroirisé par le Gouvernement der Genferei en 1982.
Par ailleurs, ce n'est pas le Schublig, mais la Saucisse de veau et la broderie qui a fait la réputation mondiale de St. Gall, comme la Zuger-Kirschtorte, ou le Honigtirgel, en plus du Züri-Gschnetzlets de la ville de Limmat. Pendant que les Genferei rouspète et parlemente, la Zurcherei agit (super projets de construction en Ville de Zurich avec des immeubles à la Dubaï en miniature!) à faire pâlir nous pauvres Républicains de la Suisse, qui mettrons du temps pour apercevoir un jour les tours de la Praille, une fois la CEVA discutable achevée.

Écrit par : Etoile de Neige | 27/06/2009

Stéphane, vous avez raison je pense : je connais assez mal le sujet et j'aurais dû éviter de l'intégrer dans mon coup de gueule. Il est vrai que les SIG ne font pas la publicité des éléments que vous citez. Du coup, votre intervention m'a même à moitié convaincu ! Bref, le débat sur cette implantation ne fait que commencer et il faudra attendre quelque temps pour se décider quant à son opportunité.

Alfred, je ne pense pas qu'on puisse accuser Patrice Mugny de tous les maux de la République. Il a sa part, mais beaucoup d'autres y participent aussi. Et en plus, la Genferei n'est pas une spécialité de gauche. La droite y participe aussi. Par exemple dans le cas de la loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publiques et dans celui du CEVA.

Écrit par : Kad | 27/06/2009

Mmmmmh... Je m'en veux d'avoir oublié la Zuger Kirschtorte alors que la moitié de ma famille vient de la petite ville de Zug ! Merci de me rappeler à l'ordre !

Écrit par : Kad | 27/06/2009

A force de faire des recours, opposition, blocage.. on perd des années dans les projets et c'est comme cela que l'immobilisme en matière d'infrastructures et de logements perdure depuis 20 ans à Genève alors que le reste des projets notamment en Suisse allemande (malgré de nombreuses oppositions aussi) se sont réglés et avancent largement avec des fonds fédéraux importants.

Écrit par : demain | 28/06/2009

La recourite est le prix raisonnable a payer lorsqu'on vit dans une démocratie (semi-)directe.

Croyez-vous qu'il n'y ait aucun recours en suisse alémanique ? Croyez-vous que la suisse se résume à ce qui se passe à Bâle ou Zürich ?

Bref, à mon avis, vous vous complaisez dans une position tellement réductrice qu'elle en devient comique.

Écrit par : Djinius | 28/06/2009

@Djiunus. Vous avez lu rapidement, je précise que de nombreux recours très durs ont eu lieu mais une fois qu'ils sont levés, le pragmatisme reprend le dessus et on y va. A Genève, on remet encore et toujours en question et on a du mal à mettre le coeur à l'ouvrage. Je sais que cela gêne les Romands d'être une minorité ce qui est vrai mais au lieu de se complaire dans cette réalité et pleurnicher à Berne, soyons actifs, revendicatifs et soyons clairs en matière de développement pour notre région. Le jour où nous aurons changer d'échelle (région métropolitaine lémanique au lieu de celle des Cantons) pour activer des projets communs (3ème voie, Musée, 3ème voie autoroute...), on avancera plus vite et ceci dans beaucoup de secteurs. De plus, le lobby des députés alémaniques en matière de levée de fond par exemple pour les infrastructures est 10 fois supérieur à celui des députés romands en la question. Je demande des comptes à ces députés envoyés à Berne et qui ne se battent pas pour nous en acceptant que les travaux soient repoussés en 2012-2020. Evidemment, le blocage sur le CEVA ne donne pas une image très positive, la démocratie directe a des limites et ce blocage est l'un de trop.

Écrit par : Demain | 28/06/2009

Djinius, vous feriez bien de prendre le train ou la voiture pour vous rendre à Zurich. Vous constaterez alors le fossé qui sépare cette partie du pays du nôtre. Sur une bonne partie de la voie Berne Zurich, on roule désormais à 200 km/h sur 3 ou 4 voies. En plus Zurich est en train de construire, à grand renforts de milliards confédéraux, un nouveau tunnel qui permettra de supprimer le cul-de-sac de sa gare centrale et ainsi faire gagner encore de précieuses minutes en direction de Saint-Gall. L'autoroute A1 Berne-Zurich qui date à peu près de la même époque que le tronçon de la même autoroute entre Lausanne et Genève connaissait le même phénomène d'engorgement aux abords des villes que le nôtre. Croyez-vous qu'ils se sont embarrassés de grandes théories écologiques ? Non. Ils ont mis l'autoroute sur 2x 3 voies aux deux extrémités et même triplé le tunnel du Barreg près de Baden pour y arriver. Et désormais, cela roule de manière fluide dans ces secteurs. Il reste bien des embouteillages ailleurs, mais pas plus qu'avant, contrairement à ce qu'on affirme ici. Et que dire du contournement sud de Zurich ? Des énormes quartiers ultra-modernes qui ont surgit de terre, là où des zones industrielles occupaient le terrain auparavant ? Du réseau de S-Bahn ? Du réseau de trams ? Faites le déplacement, vous verrez qu'en Suisse, une ville peut être dynamique. La recourite n'est de loin pas une fatalité.

A Genève, on nous rabâche sans cesse les oreilles pour nous dire que notre ville est très attractive, que le nombre d'emplois ne cesse de grimper, que la population augmente rapidement aussi. Mais quelles sont les mesures d'accompagnement ? Il n'y en a aucune. Pas de nouveaux logements, pas de nouvelles routes, pas de nouvelles voies de chemin de fer. On parle du CEVA depuis plus de 100 ans ! Et de la traversée de la rade depuis plus de quarante ans ! On fait des référendums contre des grands projets immobiliers alors que la population souffre au quotidien de la pénurie de logements. Une grande partie de la population est repoussée en France voisine ou dans le canton de Vaud, mais les voies de circulation, ferrées et automobiles, n'évoluent pas. Elles sont toujours dimensionnées pour une ville de 200'000 habitants !

Et pendant ce temps, au lieu d'agir, nos politiciens discutent. Ils font la fine bouche sur n'importe quel projet d'importance cruciale pour la population, qu'elle vive à Genève ou de l'autre côté des frontières cantonales. Nous avons peut-être les meilleurs avocats du pays. Mais nos politiciens, qui sont souvent les mêmes personnes, sont la honte de la Suisse ! Nous avons les politiciens les plus lamentables qui soit ! Ils passent leur temps à recourir au lieu de faire avancer les projets d'importance cruciale dont a besoin notre agglomération. Les référendums contre le PAV sont une honte. Le référendum contre le CEVA est une honte. Le référendum contre la traversée de Vésenaz est une honte. C'est une honte que la traversée de la rade soit "tiroirisée", comme l'a dit Étoile des Neiges, depuis si longtemps alors que le peuple avait plébiscité son principe dans les années 80. Le fait que deux projets mal ficelés ont été rejetés par le peuple ne doit pas condamner tout le projet. Tous ces recours, qu'il proviennent de la gauche ou de la droite sont une honte pour notre ville. On passe son temps à privilégier des intérêts égoïstes au détriment du bien de la population.

Bref, plus le temps passe, plus je me dis que je vis dans une ville minable. Si mon employeur me proposait d'aller travailler à Zurich, je n'exclurais plus d'accepter, alors que j'aurais refusé d'emblée il y a seulement quelques années.

Écrit par : Kad | 29/06/2009

Kad. Je vois qu'au contraire de Djinius vous avez constaté que les projets dans les autres cantons avancent même celui de Vaud arrive à des compromis et un consensus de toutes les partis prenantes souvent diamétralement opposées pour arriver à une solution satisfaisante pour tous. Prilly construit une nouvelle gare. Genève bouchonne de toutes parts et je ne parle par des embouteillages mais de l'esprit embrumé des genevois.

Écrit par : demain | 29/06/2009

Les commentaires sont fermés.