21/06/2009

La fin de la quiétude du Conseil Fédéral

En faisant passer Christophe Blocher à la place de Rüth Metzler, l'UDC a créé un précédent dont les conséquences se répercutent encore aujourd'hui. La notion de représentativité n'était jusqu'alors pas inscrite dans le marbre. En réclamant un second siège sans même attendre le départ naturel de Joseph Deiss, et en évinçant ainsi une Conseillère Fédérale à qui on avait rien de spécial à reprocher, l'UDC a lancé une compétition entre partis, purement basée sur la représentativité. Souvenons-nous. Jusque-là, la formule magique était quasiment inscrite dans le marbre. Deux PRD, deux PDC, deux PS et un UDC. Cette formule magique qui assurait la quiétude du Palais Fédéral a vécu. Désormais règne la loi de la jungle.

Car qui aurait pu croire que les démocrates-chrétiens, alliés naturels des radicaux-libéraux, allaient tenter de leur ravir un siège ? Certes, le PDC n'a toujours pas digéré la perte de son second siège. Certes, ils se souviennent que certains radicaux avaient donné leur voix à Christophe Blocher et fait pencher la balance en faveur de ce dernier. Mais vaut-il vraiment la peine de se lancer dans pareille querelle alors que l'écart du nombre de sièges au National est plutôt faible ? Ce genre d'intrigue ne grandit pas l'image du PDC, ni de son Président. Surtout qu'on peut douter de la capacité du PDC a effectivement remporter ce second siège.

Bref. Désormais, la quiétude qui régnait traditionnellement au Conseil Fédéral a vécu. Chaque élection devient une foire d'empoigne. Un peu comme dans un jeu de chaises musicales, il manque toujours un siège. Les Conseillers Fédéraux n'ont même plus leur place assurée jusqu'au moment de leur démission. Juste retour de bâton pour Christophe Blocher en fait. Mais désormais la porte est ouverte pour d'autres. Le PRL va peut-être en faire les frais cette fois-ci. Puis à la fin de la législature, c'est probablement Mme Widmer-Schlumpf qui va devoir céder son siège. Dommage, on y perdra une des personnes les plus compétentes et les plus populaires de ce Conseil Fédéral. A moins que l'effet Widmer-Schlumpf joue en faveur du nouveau parti bourgeois ?

Car ça aussi c'est une nouveauté. Aux précédentes élections, beaucoup d'électeurs avaient voté UDC "pour soutenir Blocher". Cette façon de voter dénote une méconnaissance totale de nos institutions et de leur fonctionnement. En effet, c'est bien l'Assemblée Fédérale qui élit le Conseil Fédéral et non le peuple. Voter pour un parti ne donne pas la certitude que son représentant au Conseil Fédéral sera réélu. Elle donne seulement droit à une représentation au gouvernement. Et encore, rien n'est écrit, il s'agit plutôt d'une entente entre les partis. Ainsi, même un parti ayant 49% des voix pourrait théoriquement se faire éjecter du Conseil Fédéral ! Il suffirait pour cela que tous les autres partis se mettent d'accord...

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