03/06/2009

Le néo-communisme qui se cache derrière l'étiquette écologiste

L'écologie, soit la protection de la nature, est une cause noble. Un reportage passé dimanche soir sur la TSR montrait par exemple des gens qui se battent aux Etats-Unis et au Canada pour la sauvegarde de deux espèces locales de grues sauvages. Ce genre de combat m'inspire une grande admiration. Notre monde a besoin de gens tels qu'eux, prêts à donner de leur personne pour protéger notre monde. Il n'en va pas de même pour les politiciens qui se cachent derrière l'étiquette écologiste.

En ce qui concerne l'automobile par exemple, l'industrie fait des recherches extrêmement coûteuses pour que ses produits aient un impact de plus en plus faible sur l'environnement, voire un impact totalement nul à terme. Ces efforts sont bien sûr nécessaires, car la pollution est et sera de plus en plus une plaie pour notre monde et pour notre espèce en particulier. Mais demandez à un écologiste s'il pense qu'une voiture absolument dépourvue de pollution serait convenable. Il vous répondra que non. Il faudra tout de même que nous nous serrions dans des bus bondés ou que nous transpirions sur nos vélos en costume cravate ou en tailleur pour aller au travail. Ou il vous dira même qu'il faut trouver des nouveaux modèles, tels que le "partage" de véhicules !

Et c'est là qu'on comprend de quoi il s'agit. La mise en commun. Ces gens continuent à penser que la propriété privée doit être éliminée et remplacée par une mise en commun générale des biens. Alors quelle différence avec l'idéologie qu'on croyait définitivement abandonnée, à savoir le communisme ? Et bien aucune. Car le modèle de société prôné par ces gens sous le couvert de l'étiquette écologiste est bien un modèle communiste. Un modèle où l'individu n'a plus sa raison d'être, mais où il doit se fondre dans un grand tout. Un modèle où la recherche de la prospérité est vaine, à part bien sûr pour les quelques privilégiés qui sont à la base de la création de ce système !

On taxe notre modèle de société d'être la cause de catastrophes écologiques globales et on répète inlassablement des arguments pseudo-scientifiques, la répétition leur donnant de plus en plus de vigueur. Au final, les gens finissent par avoir honte d'avoir une voiture ou de consommer de l'électricité. Et petit à petit, les néo-communistes gagnent du terrain.

Mais finalement, la question qu'on devrait se poser est la suivante : pourquoi devrait-on se passer de voiture, si ce moyen de déplacement devenait non-polluant ? Et si les machines de chantier devenaient elles aussi non polluantes, pourquoi ne pourrait-on pas construire des autoroutes souterraines qui sillonnent les villes et supprimer tout simplement les transports publiques ? C'est pour l'instant très utopique, mais il faut se rendre compte que vers le milieu du siècle, le monde ne consommera plus ou presque plus de pétrole, car il n'y en aura tout simplement plus. Pourquoi d'ici là devrions-nous abandonner notre mode de vie pour un système qui a déjà prouvé son inefficacité ? Ne devrait-on pas investir dans les techniques qui vont nous permettre d'éliminer notre dépendance au pétrole plutôt qu'accepter des idées saugrenues telles que la décroissance ?

13:56 Publié dans Politique | Tags : ecologie, communisme | Lien permanent | Commentaires (17)

Commentaires

Les verts ont besoin de pollution pour exister au même titre que les voitures ont besoin de pétrole pour avancer.

Écrit par : Josef Loetscher | 03/06/2009

Comme la conscience écologique a gagné toute la planète et que nous sommes tous des écologistes, il faut bien que le Parti des Verts se trouve de nouveaux chevaux de bataille. A Genève, c'est une campagne anti-voiture (notamment les 4x4 mais pas seulement, les voitures frontalières et même genevoises en prennent pour leur grade) à outrance alors que la pollution vient en premier lieu des chauffages des habitations mais là les Verts n'en parlent pas. Pourquoi ?

Écrit par : demain | 03/06/2009

Je ne suis pas sûr que les verts aient besoin de pollution pour exister. Mais ce dont ils ont besoin, c'est de la peur de la destruction de notre monde...

Au sujet des chauffages, j'ai beaucoup aimé les arbres recouverts de draps blancs près du pont du Mont-Blanc avec inscrit "Ceci est un poumon". Je ne parle même pas de la manipulation qui consiste à lancer cette "opération" durant la période la plus froide de l'hiver, alors que les chauffages au fioul rejetaient des mégatonnes de particules fines ! Mais ce qui m'a bien fait rire, c'est que lorsque je suis repassé après quelques semaines, les draps étaient toujours blancs ! Ces poumons ne sont donc pas près d'attraper le cancer. Et nos autorités qui ont laissé faire et donc cautionné l'usage du domaine publique pour faire de la propagande partisane, se sont bien ridiculisées au passage.

Écrit par : Kad | 03/06/2009

Votre commentaire se trompe complètement de cible.

Une voiture sans route, ça ne sert à rien, et les routes sont planifiée par l'Etat, donc c'est un moyen de transport collectiviste.

Le problème avec la voiture, ce n'est pas seulement la pollution, mais la place qu'elle occupe. Elle modèle complètement le territoire et façonne notre façon de vivre.

Qu'on le veuille où non, le monde sera de plus en plus urbanisé. La voiture n'a plus sa place dans les villes modernes. Et ce ne sont pas les écolos qui imposent son abandon: c'est bien les gens qui n'en veulent plus. L'industrie automobile est tenue à bout de bras par les états, sans lesquels la majorité des grands groupes auraient fait faillite.

Une étude sur l'évolution des transports aux USA:

http://www.vtpi.org/future.pdf


Autre anecdote intéressante pour vous montrer toute la stupidité de votre rapprochement entre communiste et anti-bagnole: Le gouvernement (communiste) chinois veut obliger les chinois à utiliser les voitures, alors qu'il préfereraient rouler en vélo, même électrique ! La chine subventionne massivement l'essence, mais beaucoup de citadins chinois juge bien plus pratique de continuer à rouler à vélo, et passe éventuellement au vélo électrique (15 millions de vélos électriques en Chine). Qu'à celà ne tienne, les villes interdisent le vélo électrique avec des arguments fallacieux !!

http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-canton-interdit-les-velos-electriques-1349.asp?1=1

Pour finir, je vous rapelle qu'aux USA, les taxes sur les automobiles et sur l'essence ne couvrent pas les frais de construction et d'entretien des infrastructures routières: ce sont les impôts qui subventionnent massivement la route. Résultat, les piétons et les vélos paient pour le bitume avalé par les automobilistes, et bien sûr, la voiture partout (pas fou: si on subventionne, autant utiliser sa bagnole !). Pas très libre-marché tout ça !!

Écrit par : PtitSuisse | 03/06/2009

Vous dites que la voiture prend trop de place. Mais c'est seulement vrai tant qu'on décide qu'on ne doit justement pas leur donner trop de place. Si par exemple on construisait des réseaux d'autoroutes souterraines se terminant sur d'énormes parkings eux aussi souterrains, le problème de la place serait résolu. L'idée qu'on ne doit pas construire de routes pour ne pas faire croitre le trafic est une idée écologiste dont le but est d'éviter d'augmenter la pollution. Mais si les voitures ne polluaient plus, pourquoi continuer dans cette voie ? Vous n'avez pas répondu à cette question.

Concernant les taxes, aux USA elles ne couvrent peut-être pas les infrastructures, sans doute parce qu'elles sont très légères. Mais ici elle les couvrent tellement largement, qu'elles servent aussi à subventionner les transports publiques ! Donc si dans mon hypothèse (extrêmement utopique bien sûr) on abandonnait les transports publiques, il resterait encore beaucoup d'argent pour construire de nouvelles infrastructures !

Je n'ai pas le temps d'aller voir vos liens maintenant, mais je le ferai plus tard.

Écrit par : Kad | 04/06/2009

Ca y'est j'ai regardé vos deux liens. Le premier montre effectivement une stagnation du nombre de véhicules en circulation et des kilomètres parcourus, dans l'ensemble des pays industrialisés. C'est intéressant, mais je ne vois pas en quoi ça montre un abandon de ce moyen de transport. La politique visant à ne pas construire de nouvelles infrastructures ainsi que l'augmentation du prix du pétrole de ces dernières années expliquent en grande partie ce fait. Mais comme je pense que le pétrole va disparaître à moyen terme, cela ne m'apparaît pas comme un signe annonciateur de la fin de l'automobile.

J'ajouterai que l'industrie automobile est actuellement en crise, mais c'est avant tout une conséquence de la grosse diminution de l'achat de voitures neuves au niveau mondial durant la crise. Lorsque la crise sera passée, les achats reprendront de plus belle, puisque de nombreuses personnes ont remis cette achat à plus tard. C'est donc plus un orage qu'un refroidissement général.

Par contre, aux USA l'industrie automobile traverse une crise structurelle importante, car dans ce pays, cette industrie a refusé de s'adapter aux nouvelles conditions du marché intérieur. En particulier, une part très importante du marché automobile est maintenant occupé par des constructeurs étrangers, japonais et coréens surtout. Et comme ces constructeurs américains ont trop peiné à s'adapter aux nouveaux besoins des usagers, ils en payent aujourd'hui le prix. Mais je suis certain qu'à terme, cette crise aboutira sur du mieux.

Pour le second lien, il montre que les autorités chinoises trouvent que les vélos électriques sont peu écologiques. Mais ils ne les interdisent pas pour favoriser l'automobile, mais pour favoriser les vélos normaux ! Car, contrairement au nôtre, il s'agit d'un pays où le moyen de déplacement principal reste toujours le vélo et accepter que les vélos électriques se généralisent implique de devoir éliminer de très nombreuses batteries supplémentaires par rapport à ce qui se fait aujourd'hui.

Sinon, qu'on soit clair. Je n'ai rien contre les gens qui font le choix du vélo. Personnellement, je le trouve lent, dangereux et de toute manière inadapté à mes besoins professionnels. Mais si des gens pensent que c'est le meilleur moyen de déplacement pour eux, tant mieux pour eux ! Ce que je n'aime pas en revanche, c'est cette manière de mettre en permanence la pression sur les automobilistes en essayant de leur mettre mauvaise conscience. Vive le libre choix du moyen de transport !

Écrit par : Kad | 04/06/2009

"Vous dites que la voiture prend trop de place. Mais c'est seulement vrai tant qu'on décide qu'on ne doit justement pas leur donner trop de place. Si par exemple on construisait des réseaux d'autoroutes souterraines se terminant sur d'énormes parkings eux aussi souterrains, le problème de la place serait résolu. "

Un réseau de quelque voies pénétrantes arrivant dans quelques endroits limités ? Bref, tout le monde suit le même itinéraire pour arriver au même endroit... C'est quoi l'avantage par rapport à un métro ?


"L'idée qu'on ne doit pas construire de routes pour ne pas faire croitre le trafic est une idée écologiste dont le but est d'éviter d'augmenter la pollution. Mais si les voitures ne polluaient plus, pourquoi continuer dans cette voie ? Vous n'avez pas répondu à cette question."

Même à 0 émission à cause du moteur, il resterait la pollution directe induite par l'usure: particule fine à cause du frottement des pneus contre le bitume, par exemple:

http://www.environnement.ccip.fr/air/reduction/particules.htm

Ensuite, bien sûr, il y a la pollution indirecte: construire un engin mécanique de 2 tonnes demande beaucoup d'énergie et de matière première. Pour vous donner une idée de l'importance du problème, il y a actuellement 1 milliard de véhicule à moteur en circulation sur terre...

"Concernant les taxes, aux USA elles ne couvrent peut-être pas les infrastructures, sans doute parce qu'elles sont très légères. Mais ici elle les couvrent tellement largement, qu'elles servent aussi à subventionner les transports publiques ! "

C'est éventuellement vrai pour certains pays, comme la France, mais à discuter pour la Suisse. Pendant les années 60-80, il y avait un réel subventionnement des infrastructures par l'impôt: l'équilibre de financement ne c'est rétabli qu'avec le relèvement des taxes sur l'essence.

Les coûts externes du transport routier (pollution (air, bruit), accidents) pèse très lourd dans le décompte final, à tel point que la collectivité prend à sa charge 10% du coût total. Bien sûr, les transports publics sont subventionnés par la collectivité (34%), mais in fine pour un coût unitaire plus avantageux (40ct voyageur/km pour le rail contre 54ct pour la voiture privée). Donc il est faux de dire que si on ne subventionnait pas le rail, il y aurait plus d'argent pour la route (puisque celà coûte plus cher de transporter quelqu'un dans une voiture que dans un train).

http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/dienstleistungen/publikationen_statistik/publikationskatalog.Document.119767.pdf

Écrit par : PtitSuisse | 04/06/2009

Merci de m'expliquer quoi penser ... par contre vous êtes nullement convainquant.

En quoi la décroissance est-elle saugrenue ?

Écrit par : Djinius | 04/06/2009

"Ca y'est j'ai regardé vos deux liens. Le premier montre effectivement une stagnation du nombre de véhicules en circulation et des kilomètres parcourus, dans l'ensemble des pays industrialisés. C'est intéressant, mais je ne vois pas en quoi ça montre un abandon de ce moyen de transport. La politique visant à ne pas construire de nouvelles infrastructures ainsi que l'augmentation du prix du pétrole de ces dernières années expliquent en grande partie ce fait. Mais comme je pense que le pétrole va disparaître à moyen terme, cela ne m'apparaît pas comme un signe annonciateur de la fin de l'automobile."

L'abandon de la voiture par les citadins est bien réelle: 70% des habitants du centre de New-York n'ont pas de voiture, 55% des parisiens sont dans le même cas, et 40% des Balois. En Suisse, la part du transport privé motorisé a diminué pour la première fois en 2005, passant de 26.4km/jour/personne à 26.2km/jour/personne entre 2000 et 2005. Dans le même temps, les transports publics sont passé de 6.8 à 7.9 (+16%).

http://www.are.admin.ch/themen/verkehr/00256/00499/00502/index.html?lang=fr

"J'ajouterai que l'industrie automobile est actuellement en crise, mais c'est avant tout une conséquence de la grosse diminution de l'achat de voitures neuves au niveau mondial durant la crise. Lorsque la crise sera passée, les achats reprendront de plus belle, puisque de nombreuses personnes ont remis cette achat à plus tard. C'est donc plus un orage qu'un refroidissement général. "

L'achat des voitures sont largement fait à crédit, surtout aux USA. La production de voitures ne correspond pas à la demande, et encore moins à la demande solvable. C'est surtout grâce à l'intervention étatique que cette industrie se maintient.

"Pour le second lien, il montre que les autorités chinoises trouvent que les vélos électriques sont peu écologiques. Mais ils ne les interdisent pas pour favoriser l'automobile, mais pour favoriser les vélos normaux ! Car, contrairement au nôtre, il s'agit d'un pays où le moyen de déplacement principal reste toujours le vélo et accepter que les vélos électriques se généralisent implique de devoir éliminer de très nombreuses batteries supplémentaires par rapport à ce qui se fait aujourd'hui."

Les voitures ont aussi des batteries, plus grosses et plus polluantes... Le gouvernement chinois favorise la voiture par rapport aux autres transport, son principal instrument est la subvention sur l'essence.

http://www.courrierinternational.com/article/2001/09/20/en-chine-le-velo-ne-tient-plus-le-haut-du-pave

"Sinon, qu'on soit clair. Je n'ai rien contre les gens qui font le choix du vélo. Personnellement, je le trouve lent, dangereux et de toute manière inadapté à mes besoins professionnels. Mais si des gens pensent que c'est le meilleur moyen de déplacement pour eux, tant mieux pour eux ! Ce que je n'aime pas en revanche, c'est cette manière de mettre en permanence la pression sur les automobilistes en essayant de leur mettre mauvaise conscience. Vive le libre choix du moyen de transport !"

En zone urbaine, le vélo est plus rapide que la voiture. A paris intra-muros, la vitesse moyenne des voitures est de 16km/h, et 40km/h sur le périphérique.

http://www.paris.fr/portail/deplacements/Portal.lut?page_id=381&document_type_id=5&document_id=4841&portlet_id=1199

Le vélo n'est pas dangereux. Son adoption pour la majorité des déplacement est le meilleur gage de la diminution de la mortalité sur la route. La hollande ne compte que 46 tués par million d'habitant, contre 145 pour les USA...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_la_route_en_Europe

http://www.driveandstayalive.com/info%20section/statistics/stats-usa.htm


La liberté de se déplacer suivant le mode de transport de son choix est toute relative: force est de constater que tout est conçu pour la voiture !

Écrit par : PtitSuisse | 04/06/2009

Une voiture absolument dépourvue de pollution serait certainement bien acceptée par tous les milieux, pour peu que l'on tienne compte du cycle de vie complet de ladite voiture. Le processus complet de fabrication d'une voiture ainsi que sa destruction ou son recyclage doivent aussi être pris en compte.

Ceci étant précisé, et même si de légers progrès sont constatés chaque année, on est encore extrêmement loin de voir arriver sur le marché une voiture absolument propre. En passant d'une voiture thermique à une voiture électrique se posera la question de la production de l'électricité, de la production et du recyclage des batteries, etc.

Toute cette problématique est aussi bien valable pour les transports dit publics. La différence, c'est l'efficacité d'utilisation des véhicules: le déplacement d'une personne seule dans une voiture aura forcément un plus grand impact sur l'environnement que le même déplacement en transport public ou en covoiturage. Bien entendu, un transport individuel restera le moyen le plus efficace s'il ne s'agit que de transporter une seule personne, si elle habitait dans un lieu isolé, par exemple.

Cela dit, comme vous je suis humain et je préfère voyager dans de bonnes conditions, toutes choses égales par ailleurs.

"Au final, les gens finissent par avoir honte d'avoir une voiture ou de consommer de l'électricité."

C'est un raccourci: les gens qui ont encore une conscience se soucient de l'environnement et de la planète qu'ils laisseront aux générations futures, se posent la question sur leurs habitudes de consommation et décident ou non de les changer. Cela s'appelle être responsable et ne pas penser qu'à son petit confort.

La décroissance, une idée saugrenue ? Tôt ou tard nous y viendront d'une façon ou d'une autre. Mieux vaut prévoir.

Écrit par : Fufus | 04/06/2009

Si la décroissance est une idée saugrenue, c'est parce que nous voyons aujourd'hui l'effet d'un dégonflement du PIB. Chômage, diminution généralisé de l'activité. Le fait est que pour que chacun ait du travail, il n'y a que deux façons d'y arriver. Avoir une économie prospère qui offre suffisemment de places de travail pour chacun, ou inventer des postes de travail fictifs comme le faisaient les pays communistes. La seconde solution implique qu'il y a moins d'argent à partager entre plus de gens. Et pour avoir voyagé et travaillé dans l'Union soviétique et en Chine avant qu'elle ne devienne capitaliste, je peux vous dire que ce système ne fonctionne pas ! Je n'y ai rencontré que des gens malheureux !

D'un autre côté, c'est vrai que la croissance telle qu'elle a été pratiquée durant les 20 dernières années nous a conduits tout droit dans le mur. Tout d'abord, une richesse doit correspondre à un travail. La pure spéculation est plutôt parasitaire et provoque un gonflement artificiel du PIB qui ne peut mener qu'à un dégonflement catastrophique à terme. Ensuite, la croissance pour la croissance ne sert à rien. Par exemple, créer des besoins qui n'existent pas est un système idiot. Je prend pour exemple une nouvelle que j'ai lue dernièrement : le Japon a lancé une nouvelle technologie d'écran permettant une haute définition beaucoup plus fine que la full HD actuelle ! Que ça soit possible technologiquement est bien. Mais à quoi ça sert ? A faire acheter de nouvelles télés à ceux qui sont déjà bien équipés ? Je ne vois rien d'autre, donc il s'agit bien encore une fois d'un gonflement artificiel du PIB. Ce genre de choses devra être proscrit à l'avenir.

Ceci dit, parler de décroissance, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain ! Si notre système capitaliste présente des défauts, il faut le réformer. Mais décider de l'abandonner purement et simplement pour un système qui n'existe qu'en théorie et qui est fortement calqué sur un système qui a totalement échoué, c'est une idiotie ! En fait, il est faux de dire que la croissance est forcément catastrophique à terme. D'abord, une légère croissance correspond à une stagnation compte tenu de l'inflation. Ensuite, compte tenu de l'augmentation de la population mondiale, pour maintenir un niveau de vie constant, le PIB doit croitre. Finalement, dans beaucoup de pays, il y a encore pas mal de marge pour atteindre un niveau de vie correct. Dans nos pays bien sûr une croissance supplémentaire serait inutile. Mais refuser aux pays pauvres le droit de vivre mieux, ça tient presque du génocide !

Écrit par : Kad | 04/06/2009

ptit suisse, par respect j'essaye d'ouvrir tous les liens qu'on me donne à lire, mais si vous en envoyez autant, je n'ai pas le temps, désolé. Je vous ferai juste une réponse globale :

Je pense que vous partez du principe que tout le monde habite au centre-ville. Dans les grandes aglomérations que vous citez, il existe des moyens de transport plus performants que la voiture pour se déplacer d'un point à un autre. Il paraît normal de ne pas posséder de voiture si on y vit. Ca serait une dépense idiote. D'autant que les problèmes de parking sont si terribles qu'ils deviennent vite insolubles.

Même dans le cas de Genève, si je vivais par exemple aux Eaux-vives, je suis sûr que je ne posséderais pas de voiture car je serais à portée de marche de la gare et donc aussi de l'aéroport. Ainsi on peut dire que le monde se trouve au bout de quelques pas ! Le léger supplément de confort qu'apporterait une automobile paraîtrait alors ridicule par rapport au supplément de frais et à la difficulté pour trouver un parking !

Mais il se trouve que dans mon emploi, j'ai besoin d'avoir une voiture et que pour cette raison, je ne voudrais en aucun cas habiter au centre-ville ! Je suis donc condamné à la périphérie et aux bouchons provoqués par une politique hostile à la voiture. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.

Sinon d'accord sur le recyclage. Mais il se trouve que là aussi les constructeurs automobiles font beaucoup de progrès. Beaucoup de pièces et de matières premières sont récupérables aujourd'hui. Je suis sûr qu'un jour, l'impact des automobiles sera proche de zéro. Cela ne sera pas avant quelques dizaines d'années bien sûr, mais cela se passera sûrement de notre vivant.

Écrit par : Kad | 04/06/2009

@Kad. Les liens que je mets, c'est pour citer mes sources: si vous me croyez sur parole, pas besoin de tout lire ;-)

"Je pense que vous partez du principe que tout le monde habite au centre-ville. Dans les grandes aglomérations que vous citez, il existe des moyens de transport plus performants que la voiture pour se déplacer d'un point à un autre. Il paraît normal de ne pas posséder de voiture si on y vit. Ca serait une dépense idiote. D'autant que les problèmes de parking sont si terribles qu'ils deviennent vite insolubles."


Tout à fait... mais au niveau planétaire, de plus en plus de monde vit en ville, et la tendance n'est pas près de s'inverser. Ce qui indique donc une baisse de la demande du transport motorisé privé.

"Mais il se trouve que dans mon emploi, j'ai besoin d'avoir une voiture et que pour cette raison, je ne voudrais en aucun cas habiter au centre-ville ! Je suis donc condamné à la périphérie et aux bouchons provoqués par une politique hostile à la voiture. Et je ne suis pas le seul dans ce cas."

c'est là le problème: les gens ont toujours d'excellente excuses pour avoir une voiture, et d'autres excuses pour venir en ville avec ! Je ne dis pas que c'est votre cas: il ne s'agit pas de réduire à 0 le trafic motorisé qui peut rendre de précieux service: il s'agit de rationaliser ce qui peut l'être.

Du reste, il n'y a pas d'autres solutions. Il faut être réaliste: Genève (comme les autres villes), n'a pas la place pour faire passer et parquer toutes les voitures qui aimeraient s'y rendre. La solution simpliste consisterait à faire plus de place: élargir les routes, construire plus de parking, multiplier les autoroutes urbaines. Sauf que cette place nécessaire doit bien se prendre quelque part: détruire des bâtiments. On en arrive au paradoxe que pour faire venir plus de monde en voiture pour profiter de la densité d'offres qu'on trouve en ville, on réduit cette densité, diminuant par là même ce qui rendait la ville attractive !

Car ce qui fait l'attractivité d'une ville, c'est l'opportunité de se rendre rapidement, le plus souvent à pied, d'un point à un autre pour profiter de services en tous genre (travail, achat, loisir...). Il faut une densité suffisante pour qu'une ville soit attractive et efficace (par exemple, à Paris, 85% des déplacements se font à pied ou en transports publics). Faire plus de place à la voiture c'est contre-productif.

Écrit par : PtitSuisse | 04/06/2009

Accélérons le cleantech industrie. En Suisse, Hayek a développé la poste à combustion. Bertrand Picar va faire voler un avion solaire grâce à l'énergie recueilli la journée, les Ecoles polytechniques sont à la pointe sur les matériaux innovants... les seuls qui soient en retard c'est le monde politique en général et les Chambres à BERNE arqueboutéS sur les anciens modes comme le monopole, la défense des cartels (électrique), le maintien du statu quo.

Écrit par : demain | 04/06/2009

Ptit Suisse, concernant les liens, je voulais juste vous signaler que je ne les avais pas lus parce que je n'aime pas répondre sans avoir tout lu. Mais tant mieux si ça n'était pas nécessaire ! ;-)

"Tout à fait... mais au niveau planétaire, de plus en plus de monde vit en ville, et la tendance n'est pas près de s'inverser. Ce qui indique donc une baisse de la demande du transport motorisé privé."

La croissance démographique citadine est principalement cantonnée aux pays du tiers-monde. Et elle se situe bien sûr principalement dans des quartiers pauvres, où le problème de l'automobile n'existe pas. Le problème de ces gens-là est malheureusement plutôt de trouver de quoi manger que de savoir quel modèle de voiture ils vont acheter. De plus, dans les pays dits émergents, il y a une forte demande, dans la nouvelle classe moyenne, en véhicules privés. Donc, la vente mondiale de voitures n'est pas prête de décroitre !

En remontant dans les messages, j'ai vu que je n'avais pas vraiment répondu à celà :

"Autre anecdote intéressante pour vous montrer toute la stupidité de votre rapprochement entre communiste et anti-bagnole: Le gouvernement (communiste) chinois veut obliger les chinois à utiliser les voitures, alors qu'il préfereraient rouler en vélo, même électrique !"

Si je parle de "néo-communisme", c'est pour bien faire la distinction avec le communisme classique. Je ne fais référence au communisme que du fait qu'on veuille forcer la population à mettre en commun les biens. Pour moi il s'agit d'une atteinte à la propriété privée et je soupçonne qu'elle n'est pas motivée que par de réels arguments écologistes. Je pense qu'il s'agit bien de supprimer les inégalités sociales. Ce qui n'est pas un mal en soi, mais qui a déjà prouvé par le passé que cela ne peut produire que de la pauvreté et aucune richesse...

Je pense que la protection de l'environnement n'est pas une cause de gauche. Mais les solutions proposées par les verts sont essentiellement des solutions de gauche. Voilà pourquoi je n'aime pas l'écologie politique. Pour ma part, je continue à penser, comme demain, que c'est par l'innovation technologique qu'on va changer le monde. Et qu'il est même possible de gagner de l'argent avec.

Écrit par : Kad | 04/06/2009

Pour les écolos,ce serait la pollution des voitures qui pose problème.Je dit se serait,car dans un avenir où les voitures seront propres,je ne verait pas en quoi rester coincé des heures dans un bouchon devrait dérenger. Il est certain que pour beaucoup d'écolos à majorité marxiste et de la plupart des socialistes et gauchistes,que c'est l'individualisme du transport qui pose problème.Même avec des voitures fonctionnant avec des bulles d'air,la voiture restera la peste des écolos.

D.J

Écrit par : D.J | 04/06/2009

"Je ne fais référence au communisme que du fait qu'on veuille forcer la population à mettre en commun les biens. Pour moi il s'agit d'une atteinte à la propriété privée et je soupçonne qu'elle n'est pas motivée que par de réels arguments écologistes"

Je le répète: rien de plus collectiviste et communiste que le transport privé motorisé: la planification de l'infrastructure routière est centralisée et son accès est gratuit, quelque soit son utilisation et son coût de construction.
La petite route de campagne n'est jamais complètement financée par ce que paie les quelques voitures qui l'empruntent: c'est la collectivisation des coûts qui permet d'entretenir l'ensemble du réseau.

De plus je vous rappel que pour construire des routes, on expulse les gens sans qu'ils puissent s'y opposer: donc question "atteinte à la propriété privée", je crois que c'est pas le top !

Finalement, question "atteinte à la propriété privée", je signale que 1.2 millions de suisses souffrent d'une exposition excessive au bruit induit par le trafic routier la journée, et 700'000 la nuit (10% de la population). En comparaison, le trafic ferroviaire n'indispose que 70'000 personnes.

http://www.bafu.admin.ch/publikationen/publikation/01036/index.html?downloadshop=NHzLpZig7t,lnp6I0NTU042l2Z6ln1ae2IZn4Z2qZpnO2Yuq2Z6gpJCDdIN7gGym162dpYbUzd,Gpd6emK2Oz9aGodetmqaN19XI2IdvoaCVZ,s-.pdf&lang=fr

Écrit par : PtitSuisse | 05/06/2009

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