15/05/2009

Circuler sur la bande d'arrêt d'urgence, une bonne idée ?

Ainsi, les travaux ont démarré. Nos voisins et amis vaudois ont décidé de se lancer et d'autoriser, à terme, la circulation sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute A1 dans les deux sens aux heures de pointe, entre Morges et l'échangeur d'Ecublens. Ainsi, il devrait être possible de faire sauter le légendaire bouchon de Morges à peu de frais. Et donc, on va pouvoir remettre à plus tard la construction d'une troisième voie, de toute façon pratiquement impossible en ce qui concerne la traversée de Morges. En effet, le projet qui devrait un jour remplacer avantageusement cette solution provisoire comprend un long tunnel qui permettra d'éviter le centre de Morges. On se rend bien compte à quel point les travaux entrepris devraient représenter une énorme économie...

Mais est-ce judicieux de permettre une augmentation du débit de cette autoroute aux heures de pointe ? Il se trouve qu'au-delà de l'échangeur d'Ecublens, le réseau est plutôt en sur-capacité. Que ce soit en direction d'Yverdon ou de Lausanne Sud, le trafic y est généralement beaucoup moins dense que sur le tronçon Morges - Lausanne. Et dans une moindre mesure, le contournement nord de Lausanne a lui aussi encore une réserve de capacité. Ainsi, déverser un peu plus de trafic dans ces divers tronçons paraît encore possible. Et dans l'autre sens, on remarque facilement qu'au-delà de Morges, le trafic décroit rapidement. Alors pour moi la réponse est clairement oui. C'est tout à fait judicieux de faire sauter ce goulet d'étranglement. La fluidité globale devrait s'en trouver augmentée.

Et on objecte souvent que la sécurité est sacrifiée en ouvrant la bande d'arrêt au trafic. Mais il est clair qu'un trafic dense est la situation la moins sûre possible. La plupart des accidents sur autoroute se produisent lorsque les véhicules roulent pare-choc contre pare-choc. De plus, des places d'évitement seront prévues, ce qui devrait suffire dans la plupart des cas. Et si un véhicule s'arrête tout de même sur la bande d'arrêt, le trafic y sera immédiatement interdit, et on se retrouvera tout simplement dans une situation similaire à celle qu'on a aujourd'hui. Je pense que la sécurité de ce tronçon devrait ainsi rester suffisante.

Dès lors, qu'attendons-nous pour nous lancer dans un projet similaire de ce côté-ci de l'autoroute A1 ? Entre Nyon et l'échangeur du Vengeron, des colonnes de véhicules s'entassent tous les matins et il serait temps de faire sauter ce bouchon aussi. Et il faut dire que les travaux effectués sur le pont de la Versoix il y a quelques années ont permis d'avoir une bande d'arrêt continue et suffisament large sur toute la longueur de cette section. La solution lausannoise paraît donc techniquement réalisable là aussi.

Mais voilà : la situation est ici bien différente. L'autoroute débouche sur une autoroute de contournement déjà saturée et dont les tunnels ont été creusés sans bande d'arrêt et qu'on ne pourra donc pas élargir. Côté lac, on débouche sur une rue de Lausanne au débit peu élevé et déjà complètement saturée. Dès lors, on peine à trouver un intérêt à augmenter le débit de l'autoroute A1 de ce côté-ci. Une mise à trois voies ne semble d'ailleurs pas plus utile. Un seul espoir : qu'on se décide de construire cette fichue traversée de la rade ! (devenue récemment traversée du lac...) Ainsi, le débit global des routes sur lesquelles débouchent l'autoroute A1 en sera augmenté et on pourra enfin accroitre la capacité de l'autoroute A1. Sans parler bien sûr des autres avantages pour la population genevoise, qui sont liés à l'extraction du trafic de transit du centre-ville. On pourra ainsi plus facilement étendre la zone piétonne, rendre les quais à la population, améliorer la desserte en transports publiques, etc... Donc, si on parlait un peu plus de traversée de la rade ?

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