02/05/2009

Quel est le rôle du CO ?

Oui quel est ce rôle ? Car c'est bien là la question qu'on doit se poser avant de jeter le bulletin dans l'urne dans deux semaines. Et il s'agit d'une question très importante, puisqu'elle va décider de l'avenir de nos enfants et, à travers eux, de toute notre société. Et le choix est difficile, puisque nous devrons choisir entre trois modèles.


Le premier modèle est celui qui est appliqué actuellement. Il restera en activité en cas de double non. Il intègre très peu de sections et a pour but avoué d'aider les plus faibles à s'élever socialement. On espère que d'être intégrés à une classe de haut niveau aidera les plus faibles à mieux réussir dans les études. Mais pour ma part je crains plutôt que ce modèle tire les meilleurs vers le bas. Car à vouloir mettre tout le monde à un même niveau, on ne peut réussir qu'un nivellement par le bas. Et pire, je pense qu'il manque sa cible, car pour n'importe quel individu, il n'est pas motivant de se sentir un cancre. Mieux vaut être entouré d'élèves de niveau équivalent.

Et les résultats de "Pisa", utilisés comme argument par les initiants, semblent confirmer ce fait. Les résultats scolaires sont lamentables à Genève et il me paraît clair que ce système est un échec. M. Beer a beau argumenter que Genève est particulière en Suisse Romande, qu'il y a beaucoup d'étrangers et le mélange du tissu social est plus important qu'ailleurs. Mais je répondrai pour ma part que ça n'a rien à voir. Le fait qu'un élève soit bon ou mauvais a très peu à voir avec son origine ethnique ou sociale. On peut être fils de médecin et être mauvais tout comme on peut être fils de maçon et être un bon élève. Et c'est d'ailleurs là l'un des premiers devoirs de l'école à mon sens : gommer les inégalités sociales et permettre à chacun de trouver la voie qui lui convient le mieux, en fonction de ses qualités propres et non de celles de ses parents.

Le second modèle est celui de l'initiative. Le modèle est clairement celui de la séparation des niveaux scolaires et de l'orientation. Dès l'entrée au CO, l'élève est dirigé, de manière progressive, vers la filière à laquelle il semble le mieux affilié. Que ce soit par son niveau de difficulté, qu'on veut adapté à l'élève pour que chacun puisse étudier à son rythme, ou par la voie à laquelle on se destine. Les possibilités pour changer ensuite d'orientation en cours de route existent. Mais elles ne sont pas suffisantes selon certains et c'est là le principal reproche qui est fait à l'initiative.

Le dernier modèle enfin est celui du contre-projet. Il s'agit à peu de choses près d'un retour au modèle abandonné il y a quelques années au profit du modèle actuel. Mais avec une orientation moins poussée tout de même. Il oriente les élèves dès la huitième année, leur laissant une année pour choisir leur voie. Des passerelles restent ensuite possibles afin que l'élève puisse revenir sur son choix ou changer de niveau lorsque c'est possible. Ce modèle a fait consensus entre la plupart des partis. C'est donc en choisissant le compromis entre les deux visions précédentes qu'il a réussi à s'imposer au Grand Conseil.

Mais quel est donc le rôle du CO ? Est-ce de permettre au maximum d'élèves de "réussir" leur vie professionnelle comme aimerait le faire le système actuel ? Ou est-ce orienter les élèves vers la voie qui leur convient le mieux comme le propose l'initiative ? Ou encore un doux mélange des deux comme le propose le contre-projet ? Ce qui est certain, c'est que le rôle du CO est avant tout d'orienter l'élève vers sa future vie professionnelle. Et pour le reste, tout dépend en fait de la façon qu'on appréhende une réussite professionnelle dans notre société.

Malheureusement, dans notre société occidentale, une personne qui a réussi, c'est en général une personne qui a de l'argent. Et pour y arriver, il semble préférable d'avoir un bon degré d'étude. L'idée qu'un maximum d'élèves doit réussir à faire des études est donc beaucoup plus élitiste qu'il n'y paraît. On aimerait qu'un maximum de monde puisse accéder à cette élite. Mais finalement, est-ce que la réussite se limite à l'argent ? Certes non. Car on peut tous citer des pâtissiers, des coiffeuses ou des charpentiers qui sont très heureux du travail qu'ils font. Pour moi, la réussite c'est avant tout de faire le travail qui nous convient. Celui qui nous permette d'atteindre un équilibre de vie qui contribue grandement au bonheur. Et il n'y a donc aucune honte à s'orienter vers un CFC plutôt que vers des études universitaires. Par contre, le premier rôle du CO à mon sens, c'est de s'assurer que chacun puisse trouver le moyen d'acquérir une formation solide, la seule qui puisse offrir les armes nécessaires pour batailler sur le marché du travail.

Donc, je suis d'avis que quelque chose doit changer et le 17 mai je déposerai un double oui dans l'urne. Mais ce qui est sûr, c'est que j'attends du CO qu'il oriente et qu'il permette à chacun de trouver sa place dans la société. Et à mon avis, l'initiative remplit bien mieux ce rôle que le contre-projet. C'est donc l'initiative que je privilégierai par la question subsidiaire...

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