30/04/2009

Genève piétine, Paris avance…

D'accord, les villes sont peu comparables. Mais tout de même, on ne peut qu'être admiratif devant le projet d'extension des transports publics parisiens pour les années à venir, lancé officiellement hier par Nicolas Sarkozy et devisé à 35 milliards d'euros. Ce projet vise globalement à désenclaver la banlieue. Déjà le tram dont les lignes suivent grosso modo le périphérique permettait d'éviter le centre ville pour se rendre d'une banlieue proche à une autre. Désormais, c'est la banlieue plus lointaine qui est visée. Il s'agit donc bien d'un projet francilien et plus seulement d'un projet parisien.

Le projet personnel du Président, c'est d'ailleurs un métro automatique de 130km de long qui relierait divers points de la banlieue ainsi que le centre ville. Les deux aéroports internationaux seront concernés. Ainsi, il sera désormais possible de rejoindre Orly depuis Charles-de-gaulle et vice-versa sans passer par le centre-ville.

 

http://www.tdg.ch/actu/monde/sarkozy-lance-revolution-tra...

http://www.20minutes.fr/article/322911/Paris-Nicolas-Sark...

 

Et le projet d'agglomération genevoise, où en est-il ? Et bien, il avance tout tranquillement. Le CEVA, dont le projet date de 1912, a encore de nombreuses oppositions à combattre et un probable référendum à passer. Lorsqu'il sera construit, s'il est construit, il sera possible de joindre la Haute-Savoie à Genève et au Canton de Vaud, mais rien encore du côté du Pays de Gex, dont les pendulaires représentent pourtant une part très importante du trafic d'agglomération. Il restera donc encore à convaincre les autorités françaises et la SNCF de réhabiliter la ligne du pied du Jura et à étudier sa liaison au réseau suisse. Horizon 2042 ?

Du côté des trams - qui auraient dû être métros pour bien faire mais nous ne referons pas le monde maintenant - On espère pour bientôt la fin de la construction de celui de Meyrin et en même temps, on piétine allégrement du côté du tram onésien. (trois ans et demi pour construire 6 km : à comparer avec la construction des trams parisiens…) D'autres projets sont urgents, tels la prolongation du tram vers Annemasse, St-Julien, St-Genis ou Fernex, mais ils restent encore au stade du projet.

Et finalement, on reparle pour la deux cent soixante-cinqième fois de la traversée de la rade, ou plutôt du lac cette fois-ci, que tout le monde veut lorsqu'il faut voter sur son principe, mais que personne ne veut payer lorsqu'on propose un projet concret. Oui, pas de doute, nous ne sommes pas à Paris, mais bien à Genève…

Commentaires

Paris a une longue tradition administrative, l'habitude de prendre des décisions. Je pense que Genève fut d'abord, historiquement, une capitale économique, et il n'est jamais facile de mettre d'accord des groupements d'intérêts concurrents. La tradition administrative n'y a jamais été très forte, car même quand il y avait un comté de Genève, les magistrats administrateurs étaient à Annecy, avec le Comte. Mais Berne a toujours été une cité de magistrats, et je pense que Genève tire au fond des avantages d'être intégrée à la Confédération.

Écrit par : R.Mogenet | 30/04/2009

Ca je ne dis pas le contraire. Il est évident que le choix de rejoindre la Confédération il y a près de deux siècles était le bon. Et il est tout aussi évident comme je l'ai dit que les deux villes ne sont pas du tout comparables. Nous ne jouons pas du tout dans la même catégorie. Mais tout de même, je pense qu'on pourrait concrétiser bien plus vite nos projets si on discutait moins, qu'on tergiversait moins et qu'on agissait. Et pire, je pense que nous sommes les cancres de la Confédération sur ce plan. Peu d'autres cantons ont autant de peine à réaliser leurs projets. C'est la réflexion que m'a inspiré cette nouvelle.

Écrit par : Kad | 30/04/2009

En plus de son image de ville marchande, Genève a aussi peut-être son caractère latin, qui la différencie de Zurich, et qui rappelle les anciennes cités italiennes, toujours traversées de conflits. Mais il s'agissait ici de comparer à Paris, qui a aussi ce côté latin. Mais était-ce vraiment un choix, en 1815? Proposait-on à Genève de redevenir une république indépendante, comme avant 1798? Car si la décision a été prise par Genève seule, sans attendre des années de discussion et de tergiversation, après la chute de Napoléon, cela tendrait à montrer que Genève peut aussi prendre vite des décisions importantes.

Écrit par : Rémi Mogenet | 30/04/2009

Je crois qu'il était hors de question pour Genève de redevenir indépendant. A ma connaissance, on avait laissé le choix aux Genevois entre la France et la Suisse. Et bien dans le contexte de l'époque, comme Genève avait été française durant une vingtaine d'années, il aurait sans doute paru plus logique de choisir la France. Mais la France redevenait alors un royaume. Les Genevois n'avaient jamais eu de roi et ne souhaitaient pas en avoir. La Suisse était bien le meilleur choix je pense.

Pour ce qui est de la rapidité de la décision, c'est surtout dû au fait que la décision a été prise par d'autres ! Le redécoupage de l'Europe entière qui a eu lieu à la restauration n'autorisait aucun retard. On n'aurait pas laissé le temps au Genevois de tergiverser très longtemps à l'époque...

Écrit par : Kad | 30/04/2009

On dit que c'est l'Autriche et l'Angleterre, qui ont décidé de tout.

Écrit par : Rémi Mogenet | 01/05/2009

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