29/10/2018

Le GIEC est-il pro-nucléaire ?

Bien sûr, le dernier rapport du GIEC ne préconise pas ouvertement d'augmenter la part du nucléaire parmi les sources d'approvisionnement mondial, mais il sous-entend implicitement que c'est la seule manière réaliste d'arriver à atteindre les objectifs qu'il fixe. Comme on peut le voir ici, l'objectif de 1,5 degrés d'augmentation maximale de la température ne peut être atteint, selon ses simulations, que dans une série de scénarios, dont les plus réalistes impliquent une augmentation du nucléaire.

Centrale.jpgA la lecture de ce rapport, les industriels du nucléaire ont dû pavoiser. Eux qui gèrent des centrales vieillissantes, dont le remplacement est très difficile et on ne parle même pas d'augmentation de la puissance totale. Un allié tel que celui-ci, c'est inespéré, non ? Enfin pas sûr. Depuis que la théorie du réchauffement climatique est apparue, et malgré la catastrophe de Tchernobyl qui avait rendu leur technologie très impopulaire, l'industrie du nucléaire s'est servie du réchauffement pour balayer toute critique. 'Comment voulez-vous lutter contre le réchauffement sans le nucléaire ?' C'est un argument d'autorité qui prend le dessus sur tous les autres... si on considère la catastrophe climatique comme la principale plaie qui nous guette pour le siècle à venir.

La plupart des écologistes se permettent bien d'être à la fois anti-nucléaires et anti-pétrole. Ils prétendent ainsi qu'on peut à la fois se passer des deux technologies. On tombe ainsi dans les scénarios les moins réalistes des simulations du GIEC. Mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne prend pas ce chemin et qu'on n'est pas près de le prendre. Bien entendu, à la fin de ce siècle, d'une manière ou d'une autre nous aurons été forcés d'abandonner ces deux sources d'énergie. Mais la manière dont nous allons nous y prendre dépend des priorités que l'on fixe.

Pour ma part, je suis profondément opposé à la technologie nucléaire, du moins celle employée aujourd'hui et qu'on continue à prôner pour le remplacement des centrales existantes, car elle est dangereuse et extrêmement polluante. Oui j'ai bien dit polluante. Le nucléaire ne produit que très peu de CO2 bien sûr, mais ce gaz inerte et présent naturellement dans l'atmosphère n'est pas à proprement parler un polluant. Ce qui pollue par exemple dans les émissions liées à la combustion de produits pétrolier, c'est les autres émissions telles que le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, les particules fines, car ce sont des émissions dangereuses pour la santé. Pour ce qui est du nucléaire, il produit des produits toxiques extrêmement dangereux et qui resteront dangereux pour certains des centaines de milliers d'années ! En réalité, le nucléaire est la technologie la plus polluante que l'homme n'ait jamais inventée.

Et là je ne parle même pas de la dangerosité grandissante des centrales qu'on cherche par tous les moyens à ne pas fermer, ni de l'impossible démantèlement qui nous attend et qui sera sans doute impossible à financer. En réalité, le plus probable c'est que par manque de crédits la majorité des centrales resteront ainsi, monuments en ruines éternellement radioactifs à la gloire de la bêtise et de la cupidité humaine.

Bref, la transition énergétique d'accord, mais pas à n'importe quel prix. Je disais l'autre jour à une personne qui me disait que les voitures électriques faisaient beaucoup de progrès, que tant que la part du nucléaire était ce qu'elle est et qu'on considérait comme impossible le fait de réduire la consommation de produits pétroliers sans le nucléaire, je continuerai à considérer les voitures électriques comme des voitures nucléaires et je n'en voudrai pas. En fait pour aller vers le tout électrique, il faut se donner le temps des énergies renouvelables ou d'autres solutions que la technologie du futur nous fournira, par exemple la fusion nucléaire. Ce siècle verra bien la fin des énergies fossiles car nous ne pourrons pas en produire plus. Mais vouloir en finir trop vite avec elles va nous forcer à une nouvelle course effrénée vers la construction de nouvelles centrales et ça je ne le veux pas.

08/09/2018

Emmanuel Macron aime-t-il le peuple qu’il dirige ?

Une fois de plus, Macron s’est moqué des Français depuis un pays étranger, faisant comprendre à demi-mots qu’il préférerait diriger un peuple composé de Danois, plutôt qu’un peuple de ‘Gaulois réfractaires au changement’. C’est bien sûr son droit. On n’est pas obligé d’aimer ses compatriotes. Mais ce qui est vraiment insupportable, c’est de choisir de se faire élire à la fonction de Président d’un pays dont on n’aime pas les habitants. Alors pourquoi avoir fait ce choix ?

Macron au danemark.jpegEn réalité, la fonction de Président de son propre pays devrait être vue comme un point culminant d’une carrière politique particulièrement bien réussie. C’est sans doute ce qu’ont ressenti tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron. Mais dans son cas, il n’y a pas de longue carrière politique derrière lui. En réalité, il partage une caractéristique forte avec Donald Trump : le poste de Président est le premier mandat politique auquel il est élu. Il n’est pas passé par toutes les étapes normalement nécessaires pour avoir une reconnaissance suffisante pour être choisi par son parti comme représentant.

La manière dont Emmanuel Macron est devenu Président, donne en réalité le tournis voire, si on ne l’a jamais soutenu, la gueule de bois. Il faut se rappeler que personne n’avait jamais entendu parler de lui avant le milieu du mandat présidentiel de François Hollande. Il a été parachuté ministre de l’Economie, soit un des plus importants ministères, à partir de 2014 seulement. C’est alors qu’il a été connu du grand public, il y a donc seulement 4 ans ! En même pas 3 ans, il passe d’une fonction de conseiller du Président à la fonction suprême de Président. C’est plus que fulgurant.

Mais pour y arriver, ne nous y trompons pas, il lui a fallu l’aide de grands groupes économiques et des médias qu’ils possèdent. Le matraquage outrancier dont il a bénéficié, qui lui a permis d’acquérir une image de jeune homme éloigné des affaires politiques et aux idées neuves, alors même qu’il n’avait absolument rien fait de bon en tant que ministre, est évidemment à l’origine de sa montée fulgurante et incompréhensible dans les sondages.

Mais il a vu juste, le quidam a la mémoire courte et quand on lui explique longuement ce qu’il doit voter, il obéit. Au final toutefois, s’il a été élu par le peuple, c’est bien les groupes économiques qui l’ont soutenu à qui il doit son élection et de qui il est redevable. C’est pourquoi, il ne se sent pas investi d’une mission auprès du peuple français, mais il se doit de faire accepter à ce peuple qu’il méprise les réformes que ses véritables maîtres considèrent comme nécessaires.

D’ailleurs le choix même de décrire les Français comme ‘des Gaulois réfractaires au changement’ en faisant bien sûr, dans une tentative humoristique, allusion au village d’Astérix et Obélix est finalement assez révélateur de la pensée profonde d’Emmanuel Macron. Les Gaulois dans leur village sont réfractaires au changement. Le changement bien entendu c’est l’Empire romain qui a conquis le reste de la Gaule. Donc pour lui, les Gaulois c’est le passé, l’Empire romain c’est la modernité. Un esprit qu’on voit d’ailleurs chez certains Gaulois de l’époque qui ont contribué à la victoire de Jules César en refusant de participer à la révolte dirigée par Vercingétorix. Ainsi l’esprit réformateur que Macron appelle de ses vœux, c’est seulement un esprit de collabo.

Au passage d’ailleurs, il oublie que le peuple danois, en refusant de participer à l’Euro, a fait preuve d’un esprit réfractaire aux réformes, lui aussi. D’ailleurs, il y a fort à parier que ce choix salutaire soit en grande partie responsable de la santé économique de ce pays, bien plus en tout cas que son ‘esprit luthérien’. Sa petite phrase est donc complètement imbécile et montre à quel point il est dirigé par une vision dogmatique, plutôt que par la très grande intelligence qu’on lui prétend.

En fait, je pense que, à l’instar du ministère qu’il a dirigé, il ne considère pas le poste de Président de la République comme un point culminant, mais comme une étape. A ce poste, il se doit de montrer sa capacité à réformer un pays très connu pour sa résistance au changement afin de démontrer sa capacité à de plus hautes responsabilités. Mais quelles responsabilités pourraient être plus hautes que celles-ci ? Et bien aucune qui existe pour l’instant. Je pense qu’il se verrait bien dirigeant d’une future Fédération européenne. C’est peut-être bien ce qui lui est promis par les pouvoirs économiques qui le soutiennent. Dans ces conditions, il est ainsi tout à fait logique qu’il méprise le peuple français, qu’il voit comme une gêne dans son ascension, et qu’il courtise d’autres peuples européens, qu’il voit comme ses futurs administrés.

Et après cela ? Et bien je suis persuadé qu'il se verrait bien roi du monde...

03/07/2018

Le MH370 a-t-il remplacé le MH17 ?

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Le vol MH370 a disparu le 8 mars 2014 et en juillet il n’avait toujours pas été retrouvé. J’étais de ce fait de plus en plus persuadé du vol de cet appareil. Entre temps j’avais entendu parler des témoins des Maldives qui avaient vu passer à très basse altitude un gros avion se dirigeant vers Diego Garcia. J’étais également d’avis qu’à l’opposé de l’aviation civile, les militaires des pays survolés devaient posséder des données intéressantes qu’elles semblaient refuser de révéler.

En fait, je considérais comme très vraisemblable  l’hypothèse selon laquelle le pilote avait dérobé l’appareil en vue de le précipiter sur la base américaine de Diego Garcia et comme beaucoup je considérais comme plausible que l’avion ait été abattu par les militaires américains pour l’empêcher d’approcher trop près de l’île. L’omerta servirait dans ce cas à cacher la destruction d’un avion civile par les militaires, ce qui serait difficilement acceptable par l’opinion publique. C’est cette hypothèse que défend toujours Ghyslain Wattrelos dont la femme et les deux enfants ont disparu dans le crash et dont la vérité sur cette disparition est devenu depuis l’unique combat. Pour ma part, je n’y ai cru que jusqu’au mois de juillet, alors qu’un autre événement m’a fait changer d’opinion.

J’étais d’ailleurs en vacances et je m’intéressais alors peu à l’actualité mondiale, comme on peut le comprendre. J’ai donc bien failli manquer l’info. Mais quand j’ai fini par apprendre que le 17 juillet, un appareil avait été abattu dans le Donbass, à l’Est de l’Ukraine et que cet appareil portait le code MH17, ça m’a naturellement fait tilt. J’étais toujours dans l’attente d’un événement qui marquerait le retour du MH370 et le crash d’un avion portant le sigle de la même compagnie, à seulement 4 mois d’écart, c’était vraiment incroyable. Certains diront que le hasard fait bien les choses. Et je ne suis pas du genre à dire que je ne crois pas au hasard. Parfois des coïncidences étranges se produisent. Mais là, il s’agissait de deux appareils absolument identiques, des Boeing 777-200ER de la compagnie Malaysia Airlines, qui avaient disparu à quelques mois d’écart dans des circonstances très douteuses à chaque fois. On n’est plus dans le domaine des coïncidences mais de la curiosité statistique.

Il était d’autant plus nécessaire de s’intéresser à ce double mystère que la zone du crash faisait partie du petit nombre de régions disputées par les deux grands camps au niveau mondial, qui en faisait et en fait toujours un enjeu géostratégique majeur. J’avais donc évidement conscience de ce qu’impliquait ce crash au niveau géopolitique. Si les deux factions ukrainiennes se rejetaient la responsabilité de la destruction de l’appareil, c’était aussi les Etats-Unis et la Russie qui jouaient un bras de fer derrière eux. Et il semble clair aujourd’hui que le premier effet qu’à eu cet événement sur la situation mondiale a été de relancer définitivement la guerre froide entre les deux blocs. Ça n’est pas rien et ça mérite donc de s’y intéresser de plus près.

L’avion tombé du côté des forces pro-russes, c’est naturellement ces dernières qui sont arrivées sur les lieux en premier. Il se trouve qu’ils ont été très étonnés par ce qu’ils ont vu sur place. Mais quand un général des forces pro-russes dit que les cadavres qu’il a vus ne lui ont pas paru très frais, on est en droit de mettre sa parole en doute. Sauf que… il est extrêmement improbable qu’il ait eu à ce moment-là l’idée que cette parole pourrait ramener certains au MH370 ! Cela impliquerait qu’il se soit dit qu’il fallait instiller dans l’esprit des conspirationnistes occidentaux des informations lacunaires qui les pousseraient à imaginer un scénario alambiqué d’échange d’avions. Cela bien sûr dans l’espoir plus qu’improbable que ces conspirationnistes arrivent un jour à faire éclater la vérité (ou plutôt dans ce cas la vérité issue de son mensonge) et à renverser leurs gouvernements. Non, personnellement j’ai plutôt décidé de tabler sur la sincérité de ce général, qui n'avait pour moi aucun intérêt à faire ce commentaire !

Un film, dont j’ai hésité à mettre le lien, circule sur Internet. Dans ce film, une légiste ukrainienne montre des images de la scène du crash qu’elle a elle-même filmées lors de son arrivée, très peu de temps après la destruction de l’avion. Ce film est assez insoutenable, je laisserai donc chacun faire ses propres recherches pour le trouver, s’il le souhaite. Je déconseille en tout cas les âmes sensibles de le regarder tant c’est dur à regarder. Ce qu’il montre en tout cas corrobore le témoignage du général. On y voit des corps en état de décomposition, les lèvres et la langue noircies, sans la moindre trace de sang, mais dont s’échappait un liquide verdâtre, dont elle disait qu’il produisait une forte odeur chimique. On y voit énormément de corps de type asiatique, alors qu’au moins deux tiers des passagers du MH17 étaient des Européens. La plupart étaient nus, aucun n’était encore attaché à son siège. Bien entendu, le reportage montre un à-priori de cette femme qui semble déjà convaincue qu’elle a vu les corps des passagers du MH370. Mais je pense qu’elle s’est forgée cette opinion après coup, en faisant ses recherches sur Internet. Elle avait été fortement secouée par le spectacle auquel elle avait assisté, une mise en scène devrait-on dire, et il est naturel qu’elle ait cherché un moyen de trouver un sens à tout cela. Aucune autre hypothèse ne peut rendre compte de cette étrangeté et lorsqu’on a épuisé toutes les solutions évidentes, il est naturel de se tourner vers des hypothèses plus alambiquées.

D’autant qu’il y a d’autres bizarreries dans l’histoire. On peut se demander pourquoi un commandant de bord choisit sciemment de survoler une zone de conflit. Normalement, la prudence veut qu’on contourne la zone. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le MH17 durant les mois et les semaines précédentes. Pourquoi ce jour-là ne pas avoir opté pour la même prudence ?

Sur la carte ci-dessous, on peut voir la trajectoire de l’avion. On y voit un décrochement assez bizarre au-dessus de la Pologne. La raison d’un tel changement de trajectoire parait assez nébuleuse. Y aurait-il pu y avoir un échange d’avions à cet endroit, le premier éteignant son transpondeur et le second allumant un faux transpondeur imitant le premier ?

parcours.jpg

De très rares débris du MH370 ont bien été retrouvés sur les côtes de la Réunion et du Mozambique. Mais ils n’ont été retrouvés qu’après la destruction du MH17 soit, s’il y a eu échange d’avions, du MH370. Autrement dit, cela faisait longtemps que l’ensemble des débris de la carlingue de l’avion était entre les mains des Occidentaux. Ces débris ont bien pu être déposés après coup pour qu’ils soient retrouvés là où on le souhaite pour étayer la thèse officielle. Ils ont été identifiés comme provenant du MH370 ? Personnellement, je ne m’attendais pas à autre chose.

mh17.jpgEt finalement, pourquoi la Malaysia Airlines a-t-elle été visée ? Et bien pour ma part je pense qu’elle a été choisie uniquement parce qu’elle répondait à une série de paramètres. Il fallait que le vol choisi passe très près du Donbass et que l’avion réponde aussi à d’autres critères : il fallait qu’il s’agisse d’un long courrier américain (informatique mieux connue des auteurs présumés du vol du MH370) et il fallait qu’il ait été conçu pour voler avec un système ‘Fly by wires’. En 2014, il y avait encore peu de Dreamliners 787 en circulation et le seul autre avion en circulation qui répondait à tous ces critères était le ‘triple-seven’ qui a dû s’imposer comme choix. Cette infographie parle d’elle-même : le MH17 était l’avion parfait pour servir la cause des autorités ukrainiennes, car il survolait naturellement la zone des combats.

Je ne m’étendrai pas trop sur les deux camps se rejetant la responsabilité de l’accident. Il est évident que les indépendantistes n’avaient ni les moyens logistiques ni même un mobile pour monter toute cette histoire. Le pilote qu’on supposait avoir abattu l’avion selon la version russe s’est d’ailleurs suicidé ce printemps, après avoir reçu un coup de téléphone. La culpabilité l’a peut-être rattrapé…

A part ça, voici le déroulement des événements de la fin 2013 et de cette année 2014. On voit bien à quel point la disparition du MH370 s’inscrit bien au sein du déroulement de la crise ukrainienne.

  • 21 novembre 2013 : Le gouvernement ukrainien décide de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE. Début de l’Euromaiden.
  • 30 novembre 2013 – 8 décembre 2013 : Fortes violences.
  • 18 – 21 février 2014 : Nouvelle période de violences.
  • 22 février 2014 : Destitution du président Ianoukovytch.
  • 27 février 2014 : Le gouvernement retire au russe le statut de langue nationale.
  • 1er mars 2014 : La Crimée demande à la Russie d’intervenir sur son territoire.
  • 1er mars 2014 : Grandes manifestations pro-russes, notamment en Crimée et dans le Donbass.
  • 8 mars 2014 : Disparition du MH370.
  • 11 mars 2014 : La Crimée se sépare officiellement de l’Ukraine.
  • 16 mars 2014 : Référendum de Crimée.
  • 18 mars 2014 : Suite au référendum de Crimée, la péninsule se rattache à la Russie.
  • 7 avril 2014 : Proclamation de la République populaire de Donetsk.
  • 15 avril 2014 : Début de l’intervention ukrainienne dans le Donbass. A partir de là, la région est en état de guerre civile.
  • 17 juillet 2014 : Destruction du MH17 près de Donetsk.

Pour moi il est évident que la responsabilité de la destruction du MH17, pour autant qu'elle soit bel et bien volontaire, ne peut être qu’ukrainienne, avec à la clé la volonté de provoquer une intervention de l’OTAN pour reprendre le contrôle de tout le territoire. Ce qui ne s’est d’ailleurs finalement pas produit, ce qui me fait penser que l’opération n’a pas été montée par les Etats-Unis comme une lecture simpliste pourrait le laisser penser. Je n’exclue d’ailleurs pas que toute l’opération ait été montée par l’Ukraine, y compris le vol du MH370. Mais compte tenu des moyens logistiques nécessaires ainsi que, sans doute, les moyens technologiques, il  me semble plus probable qu’ils aient été aidés, sinon par l’OTAN, en tout cas par des membres de haut niveau du complexe militaro-industriel.

Ce crash nous renseigne ainsi mieux sur les inconnues du vol du MH370. Nous savons désormais qui a fait le coup et pourquoi et nous savons aussi ce que sont devenus les corps, même si nous ne verrons jamais de preuves, puisqu’elles sont entre les mains de ceux qui ont probablement monté cette opération. L’enquête soi-disant indépendante n’est rien d’autre qu’une plaisanterie quand elle est menée par l’une des parties. En revanche, d’autres questions sont apparues et n’ont toujours pas trouvé de réponses. Où se trouve le vrai MH17 ? Que sont devenus ses passagers et son équipage ? Et bien moi, si je n’attends plus le retour du MH370, j’attends désormais celui du MH17.

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02/07/2018

Le MH370 volé ?

Je précise tout d'abord qu'il n'est pas facile de parler d'un tel sujet. Mes pensées vont bien sûr en priorité aux victimes innocentes qui ont sans doute été lâchement assassinées et à leurs familles. Mais je pense que le respect des victimes implique aussi qu'on cherche à faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué leur assassinat. Que dirait-on si, sous prétexte de respect des victimes, on ne faisait jamais d'enquête policière pour connaître les coupables ?

Quand j’ai, pour la première fois, entendu parler des circonstances de la disparition du vol de la Malaysian Airlines MH370, j’ai tout de suite réagi en disant que cet appareil n’a pas été détourné, mais volé. La différence essentielle avec un détournement, c’est qu’on ne cherche pas à obtenir quelque chose en échange de la restitution de l’avion et de la vie de ses passagers, mais qu’on veut s’approprier l’avion lui-même. Le meilleur exemple de vol d’avions, c’est le 11 septembre. Dans ce cas, 4 avions ont été dérobés, avec pour but final de les utiliser comme armes contre des bâtiments. La similitude des circonstances avec le 11 septembre est d’ailleurs assez troublante : après avoir envoyé un dernier ‘Good bye’ aux contrôleurs aériens malaysiens, le commandant de bord aurait sciemment éteint le transpondeur et fait faire un 180 à son appareil pour se rediriger vers les côtes malaysiennes. C’est exactement le même comportement qu’on a pu enregistrer en suivant les trajectoires de vol des avions du 11 septembre.avion.jpg

La suite de l’histoire officielle ne tient par contre pas la route si on considère l’avion comme volé. L’avion aurait continué sa route un moment puis aurait bifurqué vers le sud pour s’abimer quelque part dans l’Océan Indien, après avoir consommé tout son carburant. Le problème c’est que si on vole un avion, c’est forcément pour l’utiliser ensuite. Pas question de le laisser tomber au milieu de l’Océan, là où personne ne peut le voir tomber. Et s’il s’était agi d’un suicide du pilote comparable à celui d’Andreas Lubitz de Germanwings comme le laisse entendre l’histoire officielle de ce drame, pourquoi prendre autant de précautions pour faire disparaître l’avion auparavant ? Il suffit de faire cabrer l’appareil et de plonger dans l’Océan là où on se trouve. Non, tout cela n’a aucun sens.

En revanche la théorie de la subtilisation de l’appareil a pour elle d’expliquer non seulement ce comportement autrement absurde, mais aussi le fait que les débris de l’avion n’aient jamais été retrouvés. Tout simplement, il n’y a jamais eu de débris. A part bien sûr les quelques pièces retrouvées à la Réunion ou sur les côtes africaines, dont je reparlerai. En théorie, l’Océan aurait dû être rempli de débris flottants trahissant plus ou moins la position de l’épave. Même le Rio-Paris d’Air France a pu être retrouvé au fond de l’Atlantique grâce aux débris flottants. Si on n’a jamais rien retrouvé dans le cas du MH370, c’était sans doute qu’il n’y avait rien à retrouver.

trajectoire.jpgD'ailleurs certains témoignages recueillis auprès d'habitants des Maldives font état d'un très gros avion volant à basse altitude en direction de l'île de Diego Garcia. Outre le fait que cette île abrite une base britannico-américaine, elle est également très loin de la zone de recherche où le MH370 est censé s'être abîmé. De plus, cette trajectoire est beaucoup plus proche de celle prise originellement par l'avion après l'arrêt de son transpondeur. La logique devrait donc privilégier cette position de l'appareil. Il est curieux que les recherches ne se soient jamais attachées à cette zone, en se basant uniquement sur des données Inmarsat très imprécises et en occultant effrontément plusieurs témoignages visuels.

Maintenant, si j’ai tout de suite été convaincu que le MH370 ne s’était pas écrasé, mais avait été volé, il est clair que le vol de cet avion appelle plusieurs questions dérangeantes. En voici quelques-unes :

  • Où l’avion a-t-il atterri ? (car l’absence de crash implique évidemment que l’avion a dû finir par atterrir)
  • Qui a volé l’avion ?
  • Pourquoi les voleurs ont-ils volé l’avion ?
  • Comment l’avion a-t-il été volé ?
  • Que sont devenus l’équipage et les passagers ?

A la dernière question, je pouvais déjà répondre à l’époque. Quand on détourne un avion, on cherche à obtenir quelque chose en échange de l’avion bien sûr, mais surtout de la vie de ses passagers. Les garder en vie est donc primordial. Quand on vole un avion en revanche, les passagers ne sont qu’un paramètre du plan. Ils sont là mais sont plus gênants qu’utiles. Ils sont témoins et doivent donc disparaître. Malheureusement, la réponse était donc qu’ils étaient probablement morts depuis le début.

A l’avant-dernière question j’avais en guise de réponse une piste possible : comme beaucoup d’avions volant aujourd’hui, le Boeing 777 a été conçu pour être ‘Fly by wires’ autrement dit, l’avion est entièrement commandé par ordinateurs, l’équipage se contentant de programmer, contrôler et superviser le fonctionnement de ces ordinateurs. De plus, à notre époque, de nombreux drones ont été conçus par bon nombre de puissances militaires. Boeing est d’ailleurs constructeur de drones et maîtrise bien cette technologie.

On a également beaucoup parlé de la présence à bord de 4 des 5 propriétaires d’une arme supposée permettre de prendre le contrôle à distance d’un avion, faisant du 5ème propriétaire le bénéficiaire unique. Sachant que les 4 premiers étaient chinois et que le dernier est une société américaine, il y a de quoi penser que c’est suspect. De là à penser qu’on a profité du vol de l’avion pour se débarrasser des propriétaires chinois du brevet, il n’y a qu’un pas…

Mais au fond, je ne suis pas certain que la technologie ait été nécessaire pour dérober cet avion. Après tout, seule la complicité du pilote était nécessaire. Et c’est souvent la solution la plus simple qui est la bonne. Pourquoi mettre en place une logistique très complexe quand il suffit d’un seul complice pour faire le travail ?

Finalement, je dois bien dire que je n’avais aucune réponse à donner aux 3 premières questions, à savoir, qui et pourquoi a volé l’avion et où a-t-il atterri. La seule chose que je pouvais dire, c’était que si on vole un avion, c’est pour l’utiliser ensuite. Il suffisait alors d’être attentif à l’actualité dans les mois qui suivraient pour en savoir plus.

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09/05/2018

Trump et l'Iran

Cette fois c'est fait, Donald Trump met fin à la participation des Etats-Unis à un accord qu'il juge totalement déséquilibré en défaveur de son pays. Il prétend que cet accord n'empêchera pas l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, mais ses justifications appuyant cette affirmation semblent bien fragiles. Le fait que l'accord n'empêche pas l'Iran de faire des essais d'armes balistiques ainsi que le fait que ce pays peut toujours faire jouer son influence régionale n'expliquent pas comment une arme nucléaire pourrait être développée. Reste donc qu'un seul argument: l'accord est limité dans le temps. C'est toutefois une chose totalement habituelle en matière d'accords internationaux. Et de toute manière, un accord illimité dans le temps n'engagerait pas plus l'Iran. En effet, la règle en droit international, c'est qu'aucun traité ne peut être considéré comme définitif. Tout état peut se retirer d'un traité, et les USA en se retirant de celui-ci, démontrent que la date finale d'un traité n'est pas un engagement définitif et qu'il peut donc être dénoncé en tout temps.

Par contre, un accord valable jusqu'en 2030 donne le temps de bâtir des relations économiques stables et ainsi pérenniser le pouvoir iranien. De telles relations économiques seraient très difficiles à casser et donc, elles rendaient obligatoires la prolongation de l'accord au-delà de cette date. En cela, l'accord était très malin, puisqu'il n'engageait que très peu le pouvoir iranien tout en le poussant à s'engager sur un chemin sans retour. Sans les Etats-Unis, il est très probable que l'Iran soit beaucoup moins enclin à bâtir des relations avec l'Europe et se tourne exclusivement vers la Russie et la Chine. Trump engage donc encore un peu plus le monde vers la bipolarisation et la guerre froide. Et l'Iran vers la reprise de son programme nucléaire.

La position de la France

Emmanuel Macron montre à cette occasion les limites de sa 'prodigieuse intelligence'. En proposant à Trump de négocier un meilleur traité avec l'Iran s'il décidait de rester dans l'accord, il reconnaissait implicitement les défauts de l'accord dénoncés par le président américain. En confirmant maintenant que la France continuerait à participer à l'accord malgré le retrait américain, (tout comme l'Allemagne et l'Angleterre dont il se fait le porte-parole) il décide donc de prolonger un accord dont il avait reconnu plus tôt qu'il était mauvais. A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par s'attirer l'incompréhension du berger et du cultivateur qui ne savent plus où placer leur confiance. Bref, plus que jamais, la position de la France devient inaudible.

La position d'Israël

Hier sur BFMTV, l'ambassadrice d'Israël en France a dénoncé cet accord comme étant basé sur des mensonges. Elle confirme ainsi l'appui total de l'état juif à la décision de Donald Trump. En fait tout porte à croire que le président américain ne fait que relayer l'avis des faucons du parti républicain, eux-mêmes les voix d'Israël aux Etats-Unis. En faisant cela, il assure la cohésion de son camp politique derrière lui et ainsi l'assise de son pouvoir. Il s'agit donc finalement d'une décision de politique intérieure dont les implications sont mondiales. Et au final on comprend une fois de plus que c'est Israël (et probablement l'Arabie Saoudite) qui fait la pluie et le beau temps de la politique du Proche- et Moyen-Orient aux Etats-Unis.

25/04/2018

La rencontre de Laurel et Hardy

Vous y croyez vous au numéro de duellistes de Trump et de Macron ? Cette fabuleuse amitié doublée d'une profonde divergence de vues ? Depuis qu'il est président, tout est fait sur la scène internationale pour faire de Trump une sorte d'inconscient prenant des décisions totalement irréfléchies et pouvant potentiellement mener à la fin du monde. De l'autre côté, Macron joue le rôle de la tempérance et fort heureusement, il a de l'influence sur le fou qui règne de l'autre côté de l'Atlantique. On dirait un peu Laurel et Hardy, duo dont le premier membre joue l'insouciance et l'autre la raison, pour atteindre une sorte d'équilibre qu'ils ne parviendraient pas à trouver seuls. Un duo d'acteurs de même acabit donc, mais en beaucoup moins drôle toutefois.

Trump-Macron.jpgÇa me fait un peu penser au gentil flic et au méchant flic, stratégie qui est censée pousser un suspect à se rapprocher du gentil, jusqu'à se confier à lui. Ici le suspect, c'est l'homme de la rue, celui qui potentiellement pourrait se rebeller contre l'ordre établi. Celui qui a conscience des méfaits du mondialisme et souhaite une meilleure protection, ce qu'on qualifie de 'repli sur soi', mais qui n'est rien d'autre qu'un retour au monde des années quatre-vingt, il n'y a pas si longtemps donc. Bref, c'est celui qui a élu Trump. Et en désignant Trump comme le méchant flic, on montre à la population à quel point voter pour le repli est dangereux. Au contraire, l'hyper-mondialisme de Macron est montré comme la seule voie raisonnable. La voie du bien.

Pour moi, ni Trump ni Macron ne joue son propre rôle. Tous deux ont été choisi dans un casting dont l'enjeu est la promotion du mondialisme, d'un Occident totalement soumis aux lois du marché et de ceux qui le dominent. Ce sont des pantins du véritable pouvoir, celui de l'argent.

14/04/2018

Pas de réplique russe

C'est un sujet que j'ai souvent abordé ces dernières années. (par exemple iciici et ici) J'ai laissé ce sujet de côtéfrappes.jpg depuis l'été dernier, car je ne pense pas qu'on puisse raisonnablement tenter l'aventure d'une guerre contre la Russie après le printemps. En effet, la taille du territoire et la rigueur de ses hivers ont déjà maintes fois permis à la Russie de prendre un avantage stratégique décisif face à ses envahisseurs potentiels et ça serait pareil aujourd'hui. La seule chance de réussir une telle invasion, serait une guerre éclair lancée au printemps. Mais justement, le printemps est de retour, et avec lui la tentation d'une guerre frontale.

Ainsi, je crains depuis longtemps un attentat de Sarajevo 2, à savoir une étincelle mettant le feu aux poudres d'une troisième guerre mondiale. Cette étincelle, tout porte à croire que les Occidentaux cherchent sans relâche une occasion de la provoquer. En effet, comment expliquer que la Syrie, ayant pratiquement gagné la bataille de la Ghouta, décide de franchir la ligne rouge fixée par les Occidentaux sans aucune justification stratégique ? N'est-il pas infiniment plus probable que les rebelles aient choisi de tenter de sauver leurs fesses en forçant les Occidentaux à intervenir ? Et ces derniers en feintant de ne pas voir cette manipulation évidente ne sont-ils pas complices ?

Et il n'est pas certain que les Russes accepteront toujours de jouer les pompiers pour éviter que cette étincelle ne provoque le pire. Pour cette fois, ils n'ont pas répliqué. Cela peut signifier plusieurs choses.

1. Ils ont perdu la capacité à intercepter les missiles occidentaux

C'est ce à quoi le fameux tweet de Trump, dans lequel il défiait les Russes en les avertissant de l'arrivée des missiles, m'a fait penser. Et si toute cette histoire ne servait qu'à prouver aux Russes qu'ils n'ont plus la capacité à sanctuariser le ciel de la Syrie, comme celui de leur propre pays ? Je pense en tout cas que ça n'annoncerait rien de bon, car cela donnerait du grain à moudre aux "faucons" du Pentagone qui n'ont de cesse de plaider pour une guerre frontale avec la Russie.

2. Ils préparent la riposte

Je n'y crois pas trop, car ils ne veulent pas d'une guerre directe avec les Occidentaux. Une interception des missiles sur l'instant aurait suffisamment servi leurs intérêts en démontrant au monde qu'ils restent maîtres dans ce pays. Mais il est clair que leur non-réaction donne au contraire un message de faiblesse qu'ils ne souhaitent pas donner. En effet, cela fait partie de la dissuasion. Si on a fait une menace de réplique en cas d'attaque et que lorsque l'attaque a effectivement lieu, on ne réagit pas, on perd toute crédibilité. Tout dépend donc de leur volonté de défendre cette crédibilité. Ira-t-elle jusqu'à risquer l'escalade incontrôlée ?

3. Un accord entre Trump et Poutine a eu lieu

Je n'exclus pas du tout cette possibilité. Le choix des objectifs de ces frappes limitées signifie peut-être que le président américain a à nouveau choisi de sauver la face, et calmer les faucons de son administration sans avoir à les suivre sur le chemin qu'ils cherchent à lui faire prendre, et ainsi ne pas risquer une confrontation directe avec les Russes. Dans ce cas, nous verrons comme souvent la pression retomber dans les prochains jours. Jusqu'à la prochaine fois...

4. Les Russes acceptent de perdre du terrain face aux Occidentaux plutôt que risquer une confrontation

Ne comptez pas trop sur celle-ci ! La nouvelle Russie, celle qui a relevé la tête et a décidé de ne plus se laisser mener par le bout du nez est toujours là, bien plus que jamais. Désormais, elle défendra chaque lopin de terre que les Occidentaux chercheront à lui faire lâcher. Et jamais les Russes n'accepteront de lâcher la Syrie.

Bref on le voit, on ne sait encore pas grand chose sur les causes de la non-réaction de la Russie, peut-être provisoire, mais on devrait en apprendre plus dans les prochains jours. Espérons en tout cas que cette situation explosive n'échappe pas à tout contrôle.

19/03/2018

La "démocratie européenne"

En Europe, les technocrates au pouvoir ne voient plus depuis longtemps le droit de référendum d'un très bon œil. En effet, en quoi le "petit" peuple serait plus compétent que lui-même pour décider de l'avenir du continent ? Non seulement la grande majorité du peuple n'a pas fait de grandes études d'économie ou de politique et ne peut donc pas comprendre les implications à grande échelle des décisions qu'il prend. Mais en plus, il écoute régulièrement les "populistes" qui ont une vision simpliste et beaucoup plus à la portée des gens simples qu'ils sont.

Oui c'est malheureusement la pensée des gens qui dirigent l'Union Européenne. Ils se disent démocrates, mais en réalité, ils honnissent la démocratie qu'ils voient comme une empêcheuse de décider en toute quiétude. Bref, ils répondent totalement à la définition de despotes.

D'ailleurs, qu'est-ce que c'est que ce "populisme" qu'on décrie tant ? Et bien dans la novlangue imposée par les médias, cela recouvre à peu près tout discours qui critique le pouvoir. C'est un mot de plus qui sert à discréditer toute forme de rébellion à la pensée unique. C'est à mettre dans la même catégorie que "complotisme", soit celle des termes disqualifiant. Du moment que le mot est prononcé, il crée dans l'esprit un effet de repoussoir et aucune autre démonstration n'est dès lors nécessaire. En réalité, le "populisme" c'est la critique d'un dogme économique, celui de la mondialisation à outrance, qui ne profite en aucun cas aux peuples mais à une petite caste qui accroît sans cesse sa spoliation des richesses. On comprend donc pourquoi cette caste souhaite faire de la critique de ce dogme une sorte de blasphème et profère son catéchisme à longueur d'année, par médias interposés.

Donc l'UE n'aime pas les référendums. En 2005, trois pays avaient refusé la constitution européenne par référendum. Deux ans auparavant, la Suède avait refusé son entrée dans la zone Euro de la même manière. Si la Suède ne fait toujours pas partie de la zone Euro, les trois pays qui avaient refusé la constitution se sont vus imposer le traité de Lisbonne, reprenant l'ensemble du texte de la constitution ou presque, sans nouveau référendum. Si la ratification par le parlement était légale parce qu'on ne parlait plus de constitution mais de traité, on voit vite qu'il s'agit d'une véritable félonie politique. D'ailleurs depuis, l'idée que "voter ça ne sert à rien" semble s'imposer dans les esprits et les taux d'abstentions augmentent sans cesse.

La Grèce de Tsipras a fait encore mieux, avec le nouveau concept de référendum pour beurre. A peine quelques jours après avoir obtenu du peuple le vote contre le plan de redressement du pays, le premier ministre fraîchement élu était accouru à Bruxelles pour accepter un plan... encore plus drastique !

Mais finalement, c'est aux Pays-Bas que la ligne rouge vient d'être franchie jeudi dernier. En décidant de supprimer le droit de référendum dans le pays suite au vote négatif de 2005 mais surtout à celui de 2016 qui avait vu le refus du plan d'association UE - Ukraine, (vote dont il n'a de toute façon pas été tenu compte naturellement) les députés ont officiellement transformé la pseudo-démocratie européenne en dictature officielle. Donc bravo à eux pour cette clarification salutaire.

Au final, je pense que cet exemple montre bien au peuple helvétique ce qu'il adviendrait du droit de référendum et du droit d'initiative si d'aventure, il commettait l'irréparable erreur de faire entrer son pays dans l'UE. J'espère en tout cas qu'on en reste préservé pour toujours.

03/03/2018

L'heure de la tonte a sonné

Hier j'écoutais France Info et je suis tombé sur une interview d'un couple de retraités français qui se plaignaient de l'augmentation de la CSG (un impôt directement imputé sur les revenus) qui réduit leur pouvoir d'achat. J'aurais presque eu de la compassion. Je me disais que ce n'est pas normal de s'en prendre aux retraités qui en France ne sont déjà pas très bien lotis. (même si ceux-ci annonçaient un revenu cumulé de près de 4000€, ce qui ne les place pas parmi les plus démunis) Et puis ils ont dit qu'ils avaient voté Macron au Printemps dernier. Ils disaient avoir voté par défaut, parce qu'ils ne savaient pas quoi voter d'autre.

Bref, ce sont typiquement ce genre de personnes qui ont permis à Emmanuel de prendre le pouvoir. Et pourtant, s'ils avaient simplement pris la peine de lire son programme, ils auraient su, car tout était dedans. On peut reprocher beaucoup de choses à Macron mais pas d'être menteur. Tout ce qu'il avait promis de faire, il le met maintenant en place. Ils n'avaient qu'à lire plutôt que d'écouter les médias qui faisaient constamment sa publicité. Le vote Macron, c'était le vote d'une société de souris qui éliraient constamment des chats pour les diriger.

 

C'est surtout le vote d'une société de moutons qui votent constamment pour celui qu'on lui désigne. Qu'importe que ça soit un loup. Je ne pense pas que ces deux retraités me liront, mais s'il y en a d'autres qui se reconnaîtraient et qui passeraient par là, voici la petite fable que j'ai pour eux:

Le mouton, ayant voté Macron au Printemps, se trouva fort dépourvu quand l'heure de la tonte fut venue. Pas une seule compensation à l'augmentation de CSG. Il alla crier famine auprès du berger à la radio, le priant de lui prêter quelques sous pour subsister.

- Jusqu'à la saison nouvelle, je vous paierai, lui dit-il. Avant l'Août, foi d'ovin, intérêt et principal. 

Le berger n'est pas prêteur; c'est là son moindre défaut.

- Que faisiez-vous au mois de mai ? dit-il à cette emprunteur.

- Nuit et jour à tout venant, je chantais les louanges d'Emmanuel et de sa Brigitte, ne vous en déplaise.

- Vous chantiez? Et bien bêlez maintenant !

Bêêêê. Bêêêê. L'heure de la tonte a sonné!

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09/02/2018

L’espace : une affaire privée

Alors que SpaceX, la compagnie spatiale d’Elon Musk, a réussi à propulser le nouveau roadster décapotable de Tesla, autre compagnie phare du milliardaire, à l’aide de sa fusée géante ‘Falcon Heavy’ sur une orbite qui le fera approcher de la planète Mars et de la ceinture d’astéroïdes, l’année 2018 semble marquer un tournant qui devrait voir le spatial privé peu à peu compléter, sinon supplanter, les grandes agences nationales ou supra-nationales.

La Falcon Heavy, c’est rien de moins que le lanceur le plus puissant du marché, avec laquelle seule la Saturne V des missions Apollo aurait pu rivaliser. A voir ou revoir, le vol impressionnant de la fusée, en particulier la récupération des boosters, (ainsi que du premier étage mais la vidéo est ratée) prouesse technologique inédite dans toute l’histoire de la conquête spatiale, et la mise en orbite de la Tesla sur le ‘Life on Mars’ de David Bowie.

Je trouve aussi d’une grande poésie la Tesla et son conducteur le manequin ‘Starman’ s’éloigner lentement de la Terre pour sa mise en orbite solaire.

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Au fait, pour les adeptes de la Terre plate, ne perdez pas vos croyances, il s'agit bien d'une photo-montage !

Bref, cet événement fait pleinement prendre conscience à quel point l’espace est en train de devenir une affaire privée. Et on peut citer plusieurs autres entreprises qui sont lancées dans la course menée par SpaceX. La compagnie poursuit plusieurs objectifs de front, avec en ligne de mire la planète Mars, véritable obsession d’Elon Musk. Elle développe des lanceurs, des vaisseaux spatiaux capable de relancer le voyage spatial et même le scaphandre spatial du Starman, qui sera sans doute un jour porté par les astronautes de SpaceX.

Outre la capsule spatiale qui prendra place au sommet de la Falcon Heavy, SpaceX développe une fusée géante, dont la finalité sera l’envoi d’un vaisseau spatial, géant lui aussi, vers Mars. Elon Musk prévoit ainsi de coloniser Mars durant les prochaines décennies. Il n’est visiblement pas homme à attendre de voir les crédits nationaux ou internationaux affluer. Il pourrait bien être capable de se lancer seul dans l’aventure. Il suffirait pour cela que les retours sur investissements prévus soient suffisants pour rentabiliser le voyage.

Virgin Galactic

J’avais déjà parlé sur ce blog de Virgin Galactic, la compagnie de Richard Bronson, il y a quelques années. L’entreprise propose pour 200’000$ d’amener de riches touristes en vol sub-orbital, avec une courte séquence d’apesanteur à la clé. La compagnie a construit un ‘spaceport’ dans le désert de Mojave à proximité de Los Angeles. Le vol se fait à l’aide d’une aile portante, avion à réaction à deux corps, portant un avion spatial, le VSS Unity qui se décroche en vol pour se propulser hors de l’atmosphère à l’aide d’un moteur fusée, puis revient atterrir sur la piste du spaceport après un vol en cloche dans l’espace.

Normalement les vols commerciaux auraient dû commencer il y a plusieurs années, mais un tragique accident survenu en 2014 a mis temporairement la société en difficulté. Désormais ces problèmes sont derrière et Richard Bronson espère participer personnellement à un premier vol pour le milieu d’année, pour un début de commercialisation vers la fin d’année.

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Blue Origin

La société de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.com, vise elle aussi le tourisme spatial, mais pas seulement. Elle développe d’une part une capsule suborbitale, le ‘New Shepard’, pour de courts vols touristiques, mais avec une technologie plus proche de celle de SpaceX que de Virgin Galactic. La capsule est en effet propulsée par une fusée mono-étage récupérable. On ne sait pas quand les vols commerciaux pourront débuter, mais les technologies sont presque prêtes. En particulier, le lanceur récupérable a déjà effectué un vol réussi de bout en bout en 2015.

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Blue Origin développe aussi un lanceur lourd réutilisable, le ‘New Glenn’, dont la motorisation maison équipera aussi la nouvelle ‘Vulcain’, lanceur destiné à remplacer les Delta IV et Atlas V vieillissantes.

Mars One

On s'est beaucoup moqué de la société qui prévoit d’envoyer 24 astronautes vivre sur Mars sans espoir de retour. Il est effectivement possible que Mars One ne parvienne jamais à réaliser son plan. Mais l’entrainement et la sélection des astronautes continue. Sur le plan technologique, Mars One entend s’adresser à d’autres entreprises plus expérimentées, en particulier SpaceX dont elle espère utiliser la Falcon Heavy pour propulser ses vaisseaux martiens. Elon Musk ne croit pas à leur projet, mais il est par contre tout à fait d’accord de leur fournir le lanceur, bien entendu.

Mais si Mars One a peu de chances de réaliser ses objectifs, on peut imaginer à terme que la collaboration avec SpaceX aille au-delà de la fourniture de matériel, SpaceX possédant la technologie et Mars One fournissant les astronautes pour les premiers vols. Il s’agit là d’une supposition de ma part car personne n’en a jamais parlé pour l’instant. Mais je trouverais logique que ces deux projets complémentaires finissent par fusionner.

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Concurrence des agences officielles

Bien sûr, les agences officielles continuent à exister et le spatial ne va pas encore passer définitivement dans le domaine privé. L’Europe développe son Ariane 5, la Chine est lancée dans une nouvelle course à la Lune, suivie par les Etats-Unis dont le programme spatial a été relancé par Donald Trump récemment, visant toujours l'objectif final d'un voyage vers Mars, en passant par la construction d'une nouvelle station spatiale, la 'Deep Space Gateway’, servie par le nouveau lanceur lourd SLS. L'Inde quant à elle est un peu en retard mais entend bien ne pas se laisser distancer, en particulier par son grand voisin. Mais il semble tout de même que les délais fixés par ces agences les placent loin derrière les entreprises privées, si bien sûr les délais annoncés par les privés seront respectés au final. On peut donc légitimement se demander si le 21ème siècle ne verra pas le remplacement des agences officielles par les opérateurs privés.

22/01/2018

Les calamités que nous réserve ce siècle (2ème partie)

Après une longue interruption, je m'atèle à d'autres calamités, à savoir la fonte des glaces. On le sait : les glaces polaires sont en train de fondre à grande vitesse. Bientôt il n'y aura plus de glace en été au pôle nord et les ours polaires n'existeront plus que sous la forme de peluches, qu'on vendra une fortune pour financer la cause de la lutte contre le réchauffement. En 2007, alors que des conditions climatiques exceptionnelles avaient produit une fonte estivale record, des scientifiques avaient d'ailleurs prédit cet événement pour septembre 2016... Pas de chance, ils se sont trompés, comme le montre cet article du Telegraph britannique.

http://www.telegraph.co.uk/science/2016/10/07/experts-sai...

Désolé de ne pas avoir choisi un article en français, c'est juste que... ça n'existe pas ! Pourtant quand cette prédiction grotesque avait été faite, qu'est-ce qu'on en avait entendu parler...

Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ? Juste une chose très bête: ces scientifiques ont dérogé à une règle très simple et qu'il faut obligatoirement respecter quand on fait des prévisions en matière de climat: les prévisions que l'on fait ne doivent pas être vérifiables avant plusieurs dizaines d'années, ou en tout cas pas avant d'être à la retraite ! Ici on a affaire à des gens dont les convictions sont si fortes dans la religion de Gaia qu'ils ont cru que la déesse suivrait scrupuleusement leurs prévisions quelque soit leur niveau de niaiserie. Malheureusement pour eux, Gaia est  une déesse capricieuse.

Bref, il ne s'est pas passé grand chose dans l'intervalle, la glace a tenu bon dans l'ensemble en dehors d'une nouvelle crise météorologique durant l'été 2012 et l'effet d'El Niño durant les 2 précédentes années. Pour rappel El Niño est une inversion des courants marins dans le Pacifique, qui se produit régulièrement et qui a pour effet de réchauffer le monde entier. C'est cet effet qui est la cause du réchauffement de 2016 et 2017 et nous en sortons à peine, si bien qu'il est tout à fait normal que ces années soient les plus chaudes enregistrées, ce que la presse, très sélective au sujet du réchauffement, se plait tant à rappeler.

Donc voici un graphique officiel et actualisé quotidiennement, qui montre l'évolution de la superficie de glace flottante dans l'Arctique. J'ai choisi de montrer les années 2007 à 2018, mais le graphique est paramétrable et vous pouvez faire les choix que vous voulez sur le site original. (cliquer sur l'image pour agrandir)

Arctique.PNG

Alors tout d'abord, il faut comprendre que la superficie glacée varie énormément au cours de l'année. Elle passe par un maximum hivernal, au mois de mars, avec près de 15 millions de kilomètres carrés et un minimum estival, au mois de septembre, avec 4 ou 5 millions de kilomètres carrés, soit 3 fois moins. Si cette variation n'entraîne pas de modification de la hauteur des océans, c'est parce qu'il s'agit de glace flottante. Une fois fondue, elle n'altère en rien la quantité totale d'eau dans les océans, puisqu'elle s'y trouve déjà.

Donc si on se concentre sur les minimums estivaux, on voit qu'en dehors du minimum de 2007 (en bleu), celui de 2016 (en rouge) et surtout celui de 2012 (en pointillés), on a une assez bonne régularité de la superficie glacée. On est certes bien en dessous de la moyenne 1981 - 2010, mais c'est surtout dû à la diminution de surface qui a eu lieu dans les années 80 et 90, ainsi qu'au début des années 2000. En tout cas, on n'observe pas de diminution rapide et catastrophique de la surface glacée.

Bref, quand on annonce que la glace arctique va disparaître en été, on peut répondre que c'est possible, mais loin d'être sûr voire peu probable et en tout cas, c'est une perspective plus lointaine qu'on ne l'affirme en général. Cet autre graphique, dont l'échelle de temps est bien plus longue, montre bien la diminution brusque de 2007 qui avait provoqué le pronostic ahurissant de certains scientifiques, mais on voit bien qu'en dehors de 2012, les autres années ne montrent aucune évolution.

arctique 2.PNG

Voyons ce qui se passe en Antarctique maintenant. Ici pas d'ours blancs, mais une masse gigantesque de glace (au coeur du continent, l'épaisseur est de près de 10 km !) qui si elle devait fondre, ferait monter le niveau des océans de 60 m ! Bien sûr tous les écologistes sont certains que cela va se produire et qu'il vaut mieux investir dans l'immobilier de montagne que sur les littoraux. Mais on devrait pourtant s'étonner de cette croyance, car les températures largement négatives ne permettent pas la fonte de la glace. Il faudrait que la température monte de plusieurs dizaines de degrés pour qu'une fonte totale se produise. C'est franchement ahurissant de croire à une chose pareille.

Bref, concentrons-nous plutôt sur une croyance moins extrême, la fonte d'un petit pourcentage de la glace qui produirait une montée des eaux de plusieurs mètres, suffisante pour faire disparaître quelques îles sous les flots. Il faut dire que pour l'instant la simple fonte de glace sur le continent n'est pas possible à grande échelle, vu que les températures ne montent jamais en dessus de zéro. Mais l'effet dont on parle souvent, c'est la fonte des glaces dérivantes entourant le continent, entraînant l'accélération des glaciers l'alimentant. Cet effet devrait se voir sur les mêmes graphiques que ceux que j'ai reproduits pour l'hémisphère nord.

antarctique.PNG

En fait, bien loin de montrer une diminution de la surface océanique glacée, ce graphique (qui malheureusement s'arrête en 2016) montre au contraire une augmentation ! Et si en 2016, la surface a diminué, (ce qui s'est confirmé en 2017) c'est bien sûr un nouvel effet de El Niño qui a un impact direct dans cette région. On confirme cette évolution sur le site cité précédemment. (sélectionner "Antarctic" en haut à gauche)

Antarctic 2.PNG

Ici nous avons bien entendu des maximums et des minimums opposés par rapport à l'hémisphère nord, puisque les étés et les hivers sont inversés. Ce qu'on voit c'est qu'en dehors de 2016 et  2017, on reste bien dans la moyenne de 1981 à 2010, voire au-dessus, avec un maximum hivernal historique pour 2014 ! (la seconde année étant 2013) Et si El Niño a mis fin à cette série, le début de l'année 2018 montre que la superficie glacée revient dans la moyenne. Bref, je ne vois aucune raison de s'inquiéter pour l'Antarctique.

Alors pourquoi les spécialistes s'inquiètent-ils ? Il faut dire qu'ils se concentrent en général sur la partie la plus accessible du continent glacé, la péninsule antarctique, qui subit des conditions climatiques locales assez différentes du reste du continent. C'est en effet une zone relativement chaude, (d'où son accessibilité) mais de ce fait peu représentative. De plus, cette région est riche en volcanisme, ce qui peut aussi avoir une influence. En réalité, les mesures sur l'épaisseur glacée de la partie opposée du continent montrent une augmentation de l'épaisseur de glace. Si bien qu'en moyenne, la quantité totale de glace à tendance à augmenter légèrement.

Au final, voilà une autre raison de ne pas trop s'inquiéter d'une montée catastrophique des eaux. La glace antarctique résiste bien au réchauffement et il n'y a aucune raison pour que ça change dramatiquement durant ce siècle.

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22/12/2017

Les calamités que nous réserve ce siècle

Après la température, je vais lister une série de calamités dont on nous rabâche les oreilles jour après jour. Je me propose de les analyser de manière mesurée, de ne pas céder ni au négationnisme ni au catastrophisme et de les confronter de manière rationnelle à la réalité. Car indépendamment de la cause du réchauffement, une augmentation importante de la température a eu lieu dans les années 80 et 90 et si ces calamités en sont la conséquence, cela doit pouvoir se mesurer de manière objective.

  1. Les cyclones tropicaux vont augmenter en nombre et en intensité

Cette année 2017 a été marquée par une série de cyclones ravageurs dans les Antilles. D’aucuns considèrent cela comme la preuve ultime que nous nous dirigeons vers un cataclysme climatique d’une ampleur sans précédent. Mais il s’agit avant tout d’événements météorologiques de grande ampleur et ils sont le fruit d’une situation particulière, sans doute héritée d’El Niño, qui a perturbé les courants océaniques durant 2 ans. En effet, il s’agit ni plus ni moins que de l’ouverture d’une soupape de sécurité après l’accumulation de beaucoup de chaleur dans l’Atlantique. Rien ne permet de dire que cette situation se reproduira à court terme ni que ça a quelque chose à voir avec le réchauffement.

Il existe un indicateur, calculé tous les ans, qui devrait exploser si c’était le cas : il s’agit de l’énergie totale des cyclones. En effet, cet indicateur est l’addition de l’énergie calculée de tous les cyclones qui se sont déroulés durant une année. Logiquement, si les cyclones augmentent en nombre, l’indicateur augmente. Si les cyclones augmentent en intensité, il augmente aussi. Et bien sûr, s’ils augmentent à la fois en nombre et en intensité, il augmente bien plus encore.

global energy.jpg

Or que voit-on ? Dans les années 90, il y avait de bonnes raisons de croire à une telle corrélation entre augmentation de la température et de l’énergie totale des cyclones. Pareil au début des années 2000. Et on observe également un pic pour les dernières deux années, ce qui n’a rien d’étonnant. Il faut toutefois remarquer que ce pic n’a rien d’exceptionnel et qu’il est surpassé par plusieurs autres.

 Par contre, ce pic fait suite à une période de calme de pas loin de 10 ans que rien ne permet d’expliquer ! On a en effet affaire à la période la plus chaude depuis le début de la mesure des températures mondiales et pourtant il y a un calme plat au niveau des cyclones. En sciences, une théorie est considérée comme solide tant qu’on n’a pas trouvé d’argument contraire. Mais si un seul argument contraire est trouvé, alors la théorie est infirmée. C’est donc le cas de celle qui met en corrélation directe la température et l’énergie cyclonique. A-t-on tenu compte de cette période de calme pour au minimum modifier la théorie ? Non bien sûr. Comme toujours dans cette affaire climatique, on fait comme si on n’avait rien vu et on continue simplement à asséner les mêmes vérités. (ce qui encore une fois n’est pas une pratique scientifique mais dogmatique)

D'une manière générale en tout cas, on ne peut pas dégager une tendance claire. L'activité cyclonique semble chaotique, comme le sont tous les phénomènes météorologiques. Le site allemand ci-dessous (dont j'ai tiré le graphique) montre d’ailleurs à quel point il n’existe absolument aucune corrélation entre la température des océans et l’intensité des cyclones. Visiblement, la théorie dominante ne se confirme absolument pas.

http://www.wetter-center.de/blog/?p=1970

  1. Le niveau de la mer va monter et plusieurs pays auront disparu en 2100

C’est ce qu’a annoncé encore une fois Emmanuel Macron devant ses invités pour la conférence de Paris. Quelques chefs d’état sont donc rentrés chez eux la peur au ventre. Pas étonnant que ces pays soient les meilleurs contributeurs à la cause climatique, puisqu’ils sont les premières victimes attendues.

Maintenant comment peut-on affirmer cela ? Comme le montre les mesures par satellites du niveau moyen des océans, le rythme actuel d’élévation des eaux est de 3.5 cm par décennie. Si l’élévation continue sur le même rythme, nous aurons donc près de 35 cm de montée des eaux sur un siècle. (ou une trentaine de cm en plus par rapport à maintenant) C’est plus ou moins la hauteur d’une vague un jour de mer très calme et bien moins que l’amplitude des marées. Bref, rien de catastrophique qu’on ne puisse gérer avec 82 ans devant nous !

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Donc il est clair que pour que la prévision de Macron se réalise, il faut que le taux d’augmentation du niveau de la mer augmente fortement. Et cela devrait se voir sur le graphique du niveau moyen des océans en fonction du temps. Mais ça n’est pas le cas. Ce taux est pratiquement invariable dans le temps. Les petites variations sont d’ailleurs surtout corrélées aux cycles El Niño (en rouge sur le graphique ci-dessous) / La Niña (en bleu), ce qui tombe sous le sens, puisqu’un océan plus chaud se dilate alors qu’un océan plus froid se contracte.

elnino.gif

Bref, encore une fois, la théorie alarmiste ne semble pas se concrétiser. Nous pouvons donc sans crainte continuer à visiter les Seychelles ou les Maldives. N'en déplaise à Macron, elles continueront à exister longtemps encore.

A suivre…

12:25 Publié dans Monde, Science | Lien permanent | Commentaires (4)

21/12/2017

La sensibilité climatique

Pour faire suite à mon précédent billet, je souhaite préciser la notion de sensibilité climatique. Une donnée que les scientifiques du GIEC considèrent comme parfaitement connue et que les décideurs qui se sont réunis pour signer l’accord sur le climat utilisent comme base, puisqu’ils ont choisi de s’accorder sur une température à ne pas dépasser plutôt que sur une quantité de gaz à effet de serre émise à ne pas dépasser. Dans leur tête, c’est exactement identique, car la sensibilité climatique établit une causalité directe, mais dans la pratique ça n’a pas grand-chose à voir. Ce qu’ils ont fait revient à valider les modèles informatiques utilisés, sans doute extrêmement précis, mais comme je vais le montrer, très difficiles à régler. Au passage, je ne suis pas climatologue et je me réfère donc à d’autres personnes dans ce domaine. Par contre, de par ma profession, je pense pouvoir dire que je comprends bien comment fonctionne un programme informatique et comment on le met en œuvre. En particulier, je sais qu’un programme d’ordinateur ne fait que ce qu’on lui demande et que si le créateur souhaite l’amener à faire une prédiction, il la fera sans aucun doute.

Tout d’abord, il faut comprendre que l’atmosphère est un système physique, donc régi par des lois dans l’ensemble bien connues, mais chaotique, donc beaucoup trop difficile à quantifier en se basant sur ces lois. De ce fait, on connait la plupart des processus qui s’y passent, mais on ne sait pas dans quelle mesure ils influent sur l’ensemble. Pire, il reste des phénomènes qui sont assez mal connus, comme la formation des nuages par exemple.

Donc si on veut faire une prédiction concernant l’atmosphère, on doit avoir recours à de l’approximation, à savoir des « modèles mathématiques » sur ordinateur. Beaucoup de branches scientifiques ou techniques utilisent des modélisations et on ne pourrait sans doute pas faire grand-chose sans. Mais les modèles nécessitent un réglage pour bien fonctionner. Ils utilisent une série de constantes qu’on va pouvoir faire varier de manière à recréer un modèle de la réalité le plus fidèle possible. On le comprend donc : pour que le modèle soit fiable, on a avant tout besoin de recul. Il faut pouvoir comparer le modèle à la réalité dans le plus grand nombre possible de situations connues. Plus il fonctionne dans un nombre important de situations passées, plus il a de chances d’être précis à l’avenir.

Le problème de la climatologie, c’est que c’est une branche assez jeune de la science. Les données passées sont assez peu nombreuses et plus on remonte dans le passé, moins elles sont fiables. C’est là que se trouve le premier problème : depuis la fin des années 70, deux constellations de satellites mesurent quotidiennement les températures terrestres selon une grille très précise et je pense qu’on peut faire confiance aux données récoltées depuis lors. Par contre, auparavant on ne se basait que sur des stations météorologiques, sujettes aux pannes, dont la présence sur la surface du globe n’est pas uniforme et surtout, qui se trouvent dans des lieux dont l’affectation a souvent changé. On peut par exemple trouver des photos sur internet, de stations qui se trouvent sur un toit où une unité extérieure de climatisation (donc soufflant de l’air chaud) avait été installée ! Donc le premier problème, c’est que si on règle les modèles mathématiques en fonction de données antérieures à l’existence des satellites, on prend un risque de biaiser le modèle de plus en plus à mesure qu’on remonte loin dans le temps.

Régler un modèle

Comment se déroule ce réglage ? Et bien on fait tourner le modèle avec une série de données et on regarde si le résultat reflète bien la réalité. On recommence ensuite avec d’autres séries de données pour obtenir plus de précision. C’est un travail long et fastidieux, mais nécessaire. Quand on est satisfait, on considère qu’il est réglé et alors on le laisse tourner dans le futur pour faire des prédictions d’évolution.

Vient ensuite la phase de validation. On compare les prédictions à l’évolution réelle et on vérifie ainsi la précision du modèle. S’il y a encore des différences, on affine les données pour obtenir encore plus de précision. C’est ainsi par exemple qu’on améliore sans cesse les modèles de météorologie afin de faire des prédictions précises toujours plus loin dans le temps.

Par contre pour ce qui est de la climatologie, c’est justement là que se trouve le second et principal problème : les prédictions se situent si loin dans le temps que cette phase de vérification ne peut pas avoir lieu. Et c’est si grave que pour moi, cela invalide totalement la méthode. Certes on dispose maintenant d’un peu de recul pour juger des prédictions des résultats obtenus à la fin des années 90, mais on nous rétorquera toujours qu’on travaille avec des données anciennes. C'est vrai, c’est un fait, mais le problème c’est que les résultats récents n’ont pas été validés et ne sont donc pas utilisables.

Il faut comprendre que sans ce travail de validation, une infinité de jeux de données existe pour atteindre le même résultat. On peut par exemple négliger certains phénomènes et en sur-représenter d’autres. Le résultat sera pratiquement identique. Donc dans notre cas, on peut choisir une sensibilité climatique plus élevée et négliger d’autres phénomènes. Cela fonctionnera tout aussi bien. Autrement dit, le résultat qu’on tire du modèle, à savoir la sensibilité climatique, est également une donnée initiale. Tout ce qu’elle reflète donc c’est l’à-priori du régleur…

Afin de faire une simple vérification « à la louche » des modèles, prenons donc ces prédictions débutant autour de l’an 2000 afin de les comparer à la réalité.

modeles.jpg

On arrive très bien à mesurer que la prédiction pour presque tous les modèles, à l’exception de celui qui utilise un taux de dioxyde de carbone constant depuis l’an 2000 ce qui ne s’est de toute façon pas produit, annoncent une augmentation d’environ 0,4 degrés durant les 2 premières décennies du 21ème siècle. Or voici un enregistrement des données réelles tirées des quatre grands indicateurs de la température mondiale, deux étant issus des données satellitaires, les deux autres basés sur les stations météo mais suivant suffisamment bien les données satellitaires pour être considérés comme précis.

températures.PNG

On voit deux grands pics, l’un en 1998 et l’autre l’année passée, avec une période plus ou moins stable entre deux. Les pics sont dus aux phénomènes « El Niño » qui se produisent régulièrement dans le Pacifique. Il s’agit d’une inversion des courants marins qui perturbent le climat mondial pendant une année ou deux. Au passage, si vous entendez que les années que nous venons de vivre sont les plus chaudes enregistrées, c’est juste. Mais ce qu’on ne dit pas assez par contre, c’est que c’est dû justement à El Niño ! On voit d’ailleurs que la température est en train de revenir à la normale et il ne s’agit donc pas d’un changement durable.

Bref, en réalité le phénomène El Niño ne doit pas être pris en compte car c’est un évènement de type météorologique qui affecte l’atmosphère durant une durée trop courte pour être visible dans les modèles. Ces derniers ne cherchent d’ailleurs pas à le prévoir car ils n’ont pas été créés dans ce but et il serait donc erroné d’en tenir compte. (ce que les journalistes ne se privent pourtant pas de faire en disant justement que les dernières années sont les plus chaudes…) Ou plutôt si, j’utiliserai les 2 pics pour mesurer le réchauffement entre eux. Situés à 18 ans d’écart, donc presque 2 décennies, il y a en gros une augmentation de 0.2 degrés.

Si on compare cela aux 0.4 degrés prévus par les modèles, pratiquement du simple au double, on voit qu’il y a un écart si important qu’on peut affirmer que les modèles sont désormais infirmés. En fait, ce qui se produit c’est que la sensibilité climatique a sans doute été surévaluée et d’autres phénomènes négligés. C’est donc tout le modèle qui devrait être revu pour tenir compte de l’évolution réelle.

Au passage, vous constaterez que 0.2 degrés sur 20 ans, ça fait 1 degré sur un siècle. Si on ajoute les 0.7 degrés du 20ème siècle, on arrive à 1.7 degrés, soit moins que les 2 degrés de l’accord sur le climat. Il ne s’agit bien sûr pas d’une prédiction précise, mais il s’agit juste de faire remarquer l’ironie de la situation : si nous continuons sur le même rythme de réchauffement jusqu’à la fin du siècle, (et c'est un grand si) l’objectif de l’accord sur le climat sera atteint… sans rien faire du tout !

11:17 Publié dans Monde, Science | Lien permanent | Commentaires (6)

20/12/2017

Pour sauver la planète, limitons le réchauffement à moins de 2 degrés

C’est officiellement l’objectif fixé par l’accord de Paris signé lors de la COP21. On n’a pas fixé un but en émissions de carbone, ce qui aurait eu un sens objectif, mais un but lié à une augmentation de température supposée catastrophique. En faisant cela, on a gravé dans le marbre la relation numérique entre les émissions de CO2 et l’augmentation de température. Cela signifie donc qu’on considère ce qu’on appelle la « sensibilité climatique », à savoir l’effet du doublement du taux de CO2 sur la température, comme une donnée inscrite dans le marbre.

Je revois avec amusement ces chefs d’états tombant dans les bras des uns et des autres pour la réussite exceptionnelle qu’ils venaient d’accomplir. « Wouhouhou ! Nous sommes les meilleurs ! Nous avons réussi à signer ! Le monde est sauvé grâce à nous ! »

Oui c’était un exploit formidable. Ils ont réussi à tenir un stylo le temps d’apposer un paraphe sur une feuille de papier. Le reste n’est que bagatelle. Les progrès techniques monstrueux et les fonds abyssaux à mettre en jeu, c’est du pipeau. Les dizaines ou centaines de milliers d’ingénieurs qui vont devoir plancher sur les moyens d’atteindre l’objectif fixé ont la tâche facile. Le plus dur était de signer.

 

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28/11/2017

On peut faire dire ce qu'on veut aux statistiques

En fait, je suis un fervent supporter du domaine des statistiques que j’ai souvent utilisées dans le cadre de mon travail, mais pour avoir souvent eu l’expérience d’un mauvais emploi de ces méthodes, je sais à quel point il faut être prudent quand on analyse les résultats d’une telle étude. En effet, rien n’est plus facile que de manipuler une statistique et ceux qui ne sont pas attentifs et acceptent simplement l’argument d’autorité (selon un sondage SOFRES, selon une étude britannique, etc…) se font manipuler et on les amène à penser exactement ce qu’on souhaite.

Les méthodes sont diverses, on peut les classifier en deux catégories principales : non prise en compte de certains facteurs et mise en corrélation d’éléments sans rapport ou dépendant d’une cause commune. Donc si la première méthode est une manipulation, la seconde est carrément mensongère. Comme illustration de cette seconde méthode, je vous propose par exemple une étude désignant la teinture de cheveux comme cancérogène.

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04/11/2017

La vague sécessionniste en Europe

J'ai entendu plusieurs fois ces derniers temps des analystes comparer le Brexit avec le référendum d'indépendance de la Catalogne. Or la seule chose qui rapproche ces deux événements c'est qu'ils sont basés sur un référendum. Organisé en toute légalité et en respect des règles des traités européens dans le cas du référendum britannique, en toute inconstitutionnalité dans le cas du référendum catalan. Sous certains angles on peut même les considérer comme exactement opposés. Concernant le Royaume-Uni, il faudrait plutôt rapprocher le dernier référendum catalan de celui qui avait été organisé en Ecosse. En effet, dans les deux cas, il s'agissait de se séparer d'un état-nation pour acquérir une indépendance régionale "dans le cadre de l'Union Européenne". 

C'est d'ailleurs une constante chez tous ces mouvements indépendantistes, que ça soit en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, en Belgique ou en Italie: ils réclament tous l'indépendance "dans le cadre de l'Union Européenne". Il peut paraître assez étrange, voire même suspect, de réclamer une souveraineté pleine et entière pour immédiatement en abandonner la plus grande partie à une autre entité supra-régionale. L'indépendance pour quoi finalement ? En quoi ces régions sont-elles opprimées ? Peut-on considérer que leur cas est comparable à celui de l’Érythrée par exemple ? Ces régions sont-elles victimes de colonialisme ?

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21/10/2017

Vous avez dit harcèlement ?

Weinstein.jpgHier, une réflexion d’une collègue m’a inspiré ce billet. Lors du déjeuner à la cantine, elle a demandé un supplément à un jeune serveur qui se trouve être très avantagé par la nature. Elle a rajouté ensuite avec un roulement des yeux : « Et tu peux me l’amener torse nu, ça sera encore mieux ! » C’était bien sûr une plaisanterie et tout le monde l’a compris. J’ai moi-même souri. Seulement souri, car j’ai aussi vu le sourire gêné du jeune homme et je me suis dit qu’il ne vivait peut-être pas si bien que ça ces lourdeurs répétées de femmes d’âge mûr dans le cadre de son travail.

Et là, je me suis demandé quelle indignation cela aurait provoqué si ça avait été un homme d’âge mûr qui avait fait la même remarque à une jeune femme. A cause de l’affaire Weinstein, dont personne ne niera qu’il s’agit d’un vieux porc fortuné qui a fortement abusé de son pouvoir, on parle beaucoup de harcèlement sexuel en ce moment. Or, on ne parle que d’hommes d’âge mûr exerçant leur pouvoir sur de jeunes subordonnées. Mais l’inverse n’existe-t-il pas ? Ce problème est d’autant plus important qu’on s’apprête en France à inverser la charge de la preuve en donnant la valeur de preuve aux témoignages des plaignantes. Cela revient ensuite à forcer l’accusé à prouver son innocence pour contrer cette accusation. En effet, une nouvelle loi est parait-il en préparation, alors qu’à priori, aucune nouvelle loi n’est nécessaire. Le harcèlement sexuel est interdit et lourdement réprimé par la loi. Seule l’application de la loi est assez marginale, mais pour des raisons tout à fait explicables.

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02/10/2017

L'affaire des glyphosates

Monsanto.PNG

* Image tirée du site officiel de Monsanto

Monsanto nourrit le monde. C'est ce que cette entreprise affirme depuis des années. Sur le papier, c'est une belle histoire. Monsanto s'implante dans les pays en voie de développement et apporte ses semences génétiquement modifiées pour aider ces pays à produire assez de nourriture pour tout le monde. Bref, comme sur le bandeau ci-dessus, Monsanto aide les plus pauvres à vivre.

Mais dans la réalité cela ne se passe pas vraiment comme ça. Pourquoi tant d'agriculteurs, en Inde par exemple, choisissent le suicide ? Le problème c'est que Monsanto arrive avec une solution clé en main, semences, pesticides, herbicides, et enferme les agriculteurs dans ce système dont il n'est plus possible de sortir par la suite. Chaque année, ces agriculteurs doivent acheter leurs semences et autres produits auprès de Monsanto et ne sont plus maîtres de leur production. On les transforme en ouvriers de Monsanto. Et vu la différence extrêmement maigre entre le prix de revient et le prix de vente des produits de leur labeur, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre et à faire vivre leur famille. Beaucoup choisissent le suicide pour mettre fin à cette situation insoutenable.

Ce problème est identique dans les pays riches. Par exemple en France, on dénombre chaque année près d'un suicide d'agriculteur par jour. Ramené à la population du pays, ça fait encore moins qu'en Inde, mais tout de même, c'est alarmant. Surtout que la France interdit toujours les OGM, même ceux que la commission européenne a autorisés. (ce pour quoi la France est d'ailleurs mise à l'amende...) Mais Monsanto a tout de même réussi à rentrer par la porte arrière en proposant des semences dites 'standard', c'est-à-dire non-OGM, mais tout de même clonées. * Monsanto perd ainsi l'attrait du 'Roundup ready' à savoir la capacité des plantes à résister au Roundup, son produit phare, mais conserve l'autre avantage, le contrôle des semences.

C'est dans ce contexte que survient l'affaire des glyphosates. Ce composant chimique essentiel du Roundup a été classé par l'OMS comme cancérogène probable, le second niveau de dangerosité après les cancérogènes certains. Cela devrait être suffisant pour qu'on applique le principe de précaution et qu'on interdise l'usage et l'importation de produits contenant du glyphosate. Mais la Commission européenne s'est refusée à le faire. Cela démontre au passage aux consommateurs que la santé publique n'est pas le premier soucis de la Commission, mais que les intérêts financiers des grands groupes internationaux passent avant. En France, plus soucieuse de la santé de ses habitants, le gouvernement a décidé de manière isolée d'interdire la commercialisation de ce produit. Mais les traités européens interdisent à la France de restreindre l'importation de produits autorisés en Europe. Ainsi la France va se retrouver dans une situation absurde: elle interdit la production de produits traités au glyphosate, mais autorise l'importation de produits eux-mêmes traités avec cette substance !

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15/09/2017

L'Homme et le hasard

Après le passage de pas moins de quatre ouragans dans les Antilles et le golfe du Mexique, ce qui est frappant, c’est la tendance de beaucoup à mettre cela sur le dos du réchauffement climatique. Et cela alors que les météorologues eux-mêmes ne s’y risquent pas. En effet, il est extrêmement difficile de mettre un évènement climatique quel qu’il soit sur le compte d’un changement climatique à grande échelle. Et même si quatre ouragans se succèdent, on peut penser que cela est dû à des conditions océaniques particulières durant cette année et dans cette région. Cela ne peut par contre pas être considéré comme une preuve d’un changement à long terme.

irma.jpgEn réalité, au delà de la tristesse que je ressens devant le dénuement des populations touchées, cela m’inspire une réflexion sur la perception que l’Homme a du hasard. Je pense que l’être humain déteste le hasard. Pour lui il rime avec danger. (qui en anglais se dit ‘Hazard’ tout comme le hasard, ça n’est sans doute pas pour rien) Pour cela il préférera dire qu’un événement climatique catastrophique est dû à sa propre incurie, et donc qu’il a les moyens d’y remédier, plutôt qu’accepter l’éventualité qu’il soit dû au hasard des circonstances.

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19:02 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2)

02/09/2017

Le nouvel impérialisme est-il durable ?

Aujourd'hui, l'impérialisme colonial comme il s'est pratiqué de l'Antiquité à la période moderne semble avoir disparu, au moins provisoirement. Suite à la décolonisation, on a cessé d'étendre son territoire par l'invasion de pays tiers et par l'occupation physique de ces pays. La première conséquence, c'est que le nombre d'états a littéralement explosé. Il est passé de 53 états souverains en 1914 à 197 états reconnus par l'ONU aujourd'hui, soit un quasi-quadruplement en un siècle. Ces états sont considérés comme intouchables du point de vue de la souveraineté par les règles de l'ONU et toute agression extérieure est considérée comme un crime de droit international, susceptible d'être sanctionné par le conseil de sécurité, comme ça avait été le cas lors de l'invasion du Koweit par l'Irak.

Mais ça n'est pas parce qu'on n'étend plus la taille de son territoire par la force que toute forme d'impérialisme a disparu. La forme ancienne a été remplacée par une forme plus subtile, celle des sphères d'influences. Si on n'envahit plus un pays pour l'annexer, désormais on "intervient" dans le but de changer de gouvernement, de manière à faire passer certains états jugés stratégiques du camp adverse à son propre camp. Cela passe par des confrontations directes, comme en Irak en 2003, avec occupation temporaire le temps de mettre en place un gouvernement plus ou moins fantoche, à des stratégies bâties sur le chaos.

Cette dernière invention américaine est d'ailleurs plus récente. Il s'agit d'utiliser ses services secrets afin de pousser les oppositions internes au régime en place à se soulever afin de créer une situation de guerre civile, dont ne peut émerger qu'une sorte de putréfaction politique, dans laquelle l'ordre ne peut plus s'installer. On créé donc (de l'aveu même d'Hillary Clinton) des mouvements comme Daesh, non pas volontairement mais parce que seuls des mouvements de ce genre peuvent émerger du chaos créé, et on les désigne ensuite comme ses ennemis. Ne reste plus alors qu'à intervenir militairement afin de se débarrasser de ce mouvement. La suite est identique à la version précédente: on occupe le terrain, on met en place un gouvernement fantoche et on s'en va.

Ces méthodes sont bien sûr celles des Etats-Unis, mais d'autres états ont également des visées impérialistes. En particulier la Chine, qui utilise plutôt sa croissance économique interne pour proposer ses services à des états plus pauvres et leur promettre de leur amener des richesses. Cette méthode est plus pacifique, mais elle n'en reste pas moins impérialiste, puisqu'il s'agit d'étendre sa zone d'influence au détriment du camp adverse. 

Finalement, on doit citer la Russie, qui est réduite à défendre ce qu'il reste de la zone d'influence qu'elle avait à l'époque soviétique. Cette zone d'influence est attaquée de toutes parts par le camp occidental et par les Etats-Unis en particulier.

On a donc là, les trois puissances impériales du moment, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais si on veut comprendre ce qui les motive, il faut analyser le fonctionnement d'un empire, ce qui motive sa création et son extension. Pour cela je prendrai l'exemple de l'Empire qui a le mieux fonctionné dans l'histoire: l'Empire romain.

Le fonctionnement de l'Empire était basé sur la conquête. Lorsqu'on étendait le territoire vers d'autres régions, on pillait ces régions et on ramenait les richesses au centre de l'Empire, à Rome. Les soldats adverses étaient transformés en esclaves, qui travaillaient gratuitement pour les riches romains et leur permettaient ainsi d'accroître encore leurs richesses. Puis, une fois ces régions pacifiées, (la fameuse Pax Romana) on les mettait au travail et on leur faisait bénéficier petit à petit d'une partie des richesses et de la grandeur romaine. On faisait ainsi de ces populations conquises de véritables citoyens, heureux de leur nouvelle condition. C'était donc un véritable système, dont le but était d'accroître sans cesse la richesse des romains tout en pacifiant les zones conquises afin de pouvoir diminuer leur occupation militaire. En effet, l'extension d'un empire non pacifié sera limité par la capacité d'occupation militaire. L'idée géniale des Romains, c'était donc de transformer petit à petit les territoires conquis en véritables provinces ne nécessitant que très peu de présence militaire et fournissant même des militaires à l'Empire.

On le voit en tout cas, l'extension de l'Empire romain avait pour but la croissance économique de Rome. Ainsi, à cette époque, on aurait pu lier l'idée de la croissance économique (si elle avait existé) à celle de la croissance territoriale. Plus on conquérait de territoires, plus on pouvait ramener de richesses à Rome et en faire profiter d'autres provinces. Ce système génial a permis à la République romaine, déjà impérialiste dans son fonctionnement, puis à l'Empire romain lui-même, de perdurer des centaines d'années. Mais on le comprend, dans un monde fini, ce mode de fonctionnement ne peut pas être éternel. Arrive fatalement le moment où les frontières ne peuvent plus être étendues et l'économie se met à stagner à l'instar du territoire. Et cela d'autant plus que plus l'Empire est étendu, plus le rythme des conquêtes doit s'accroître pour maintenir une croissance économique constante. Au sud, le Sahara empêchait la conquête de nouveaux territoires. A l'Est, l'extension était bloquée par les empires asiatiques. Au nord, les peuples germains dont on avait définitivement abandonné l'idée de les soumettre étaient poussés vers l'Empire par des peuples venant de plus loin. (entre autres les fameux Huns) Et en Bretagne, la frontière nord était définitivement fixée par le mur d'Hadrien.

La richesse cessait donc d'augmenter, le réservoir d'esclaves ne se renouvelait plus. Et pire, le territoire commençait à s'amoindrir par le Nord. Avec cette décrue territoriale est arrivée la crise économique. C'est cela qu'on appelle généralement la décadence de l'Empire romain, ce n'est rien de plus qu'une crise. Mais une crise très profonde dont l'Empire n'a jamais pu ressortir. C'est donc le système génial qu'ont inventé les Romains qui a finalement causé leur propre perte. Et c'est une constante historique: nul empire n'est éternel. Et cela même si ceux qui y vivent ne peuvent imaginer qu'il puisse un jour disparaître.

Aujourd'hui, les derniers empires coloniaux comparables à l'Empire romain, les Empires britannique et français, se sont réduits à peau de chagrin et on peut même dire que ces deux anciens empires coloniaux sont désormais des provinces d'un autre empire, l'Empire américain. Mais comme on l'a vu, cet empire a ceci de nouveau qu'il n'annexe pas, mais s'assure de son influence au sein de sa zone économique. Ainsi, le but final de ce nouvel impérialisme est somme toute identique. En étendant sa zone d'influence, on accroît ses richesses et on s'assure la continuité de sa croissance économique. Les provinces, telles que la province Europe, sont autorisées à bénéficier des largesses de l'Empire et ont ainsi l'impression d'être des partenaires de premier plan, alors que les zones nouvellement conquises (par les armes ou d'autres méthodes) sont là pour fournir des richesses et des esclaves aux plus riches citoyens de l'Empire.

Finalement, on peut se poser la question titre. Ce nouvel impérialisme est-il durable ? A long terme, l'impérialisme moderne est-il voué à la décadence comme cela a toujours été le cas, ou est-il capable de perdurer à long terme ? La première chose à dire, c'est que tout comme dans l'Empire romain, la croissance infinie de l'économie passerait par la croissance infinie du territoire, ce qui est impossible. De plus, il y a un fait nouveau qui n'existait pas à l'époque de l'Empire romain ou même des empires coloniaux: la taille de la population mondiale est désormais si grande que si tout le monde vivait comme des Américains ou des Européens, il n'y aurait pas assez de ressources pour tout le monde. En particulier, la substance qui est à la base du fonctionnement de l'économie des empires modernes, le pétrole, (l'équivalent de l'or à l'époque romaine) existe en quantité limitée sur la planète et disparaîtra d'autant plus vite que la croissance économique s'accélérera. Donc non seulement la croissance éternelle n'est pas possible, mais en plus c'est la croissance elle-même qui sera à l'origine de la décadence future. Tout comme dans l'Empire romain donc.

Pour l'instant, ce système a trouvé une parade à sa propre destruction. Afin d'éviter une croissance continue à long terme, le système s'ajuste de lui-même avec une succession de périodes fastes et de crises économiques limitées. Mais cet auto-ajustement aura fatalement ses limites. Le système finira par s'effondrer. Et malheureusement, (ou heureusement suivant le point de vue) cela arrivera durant ce siècle et peut-être bien avant encore.